Intérêt potentiel de l’immunothérapie spécifique par voie sublinguale dans la dermatite atopique. : Mastrandrea F.
Allergy and Clinical Immunology Operative Unit, AUSL TA1 SS Annunziata Hospital, Taranto, Italy.
dans Am J Clin Dermatol. 2004 ;5(5):281-94
– Introduction :
- La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau, dont la prévalence, la morbidité, et le coût sont en augmentation dans les pays dits de l’Ouest.
- Fréquemment associée à une allergie respiratoire à l’age adulte, la dermatite atopique (DA) est souvent la première manifestation du phénotype atopique dans la petite enfance lorsque la « marche allergique » débute, avec progressivement une évolution vers une allergie alimentaire, un asthme et une rhinite.
- Actuellement, un nombre important de données sérieuses permet de valider l’hypothèse selon laquelle la DA représente la facette cutanée d’une inflammation allergique en réalité systémique.
– Hypothèse :
- Les lymphocytes qui infiltrent de façon précoce la peau lésée, expriment :
- une orientation des sécrétions des cytokines de type TH2 (augmentation des taux d’IL4 et ou de l’IL13 et diminution des taux d’interféron gamma)
- de même que des récepteurs des chemokines spécifiques d’une orientation TH2 comme le CCR4, spécifique du thymus et dont l’activation est régulée par les chemokines.
- Les kératinocytes des patients ayant une DA produisent la TSL (thymic stromal lymphopoietin), une nouvelle cytokine qui :
- entretient le développement initial des lymphocytes dans les modèles murins,
- et qui active les cellules dendritiques impliquées dans la pathogénie des maladies allergiques humaines.
- L’augmentation des taux circulants des précurseurs cellulaires hématopoïétiques a été rapportée dans la DA, comme dans l’asthme et dans la rhinite.
- De plus, la reconnaissance de cellules, précurseurs hématopoïétiques CD34+ et la preuve d’évènements cellulaires de différentiation et de maturation présents dans les lésions infiltrantes cutanés de la DA, sont en faveur de la réinterprétation récente du paradigme TH1/TH2, où les cellules TH2 semblent appartenir à la phase précoce de l’affection alors que les TH1 appartiennent aux phases finales de la maladie, en fonction d’une différentiation linéaire des lymphocytes plutôt que selon un mécanise dual.
- Cette meilleure compréhension du détail des manifestations immunologiques précoces a conduit à mieux connaître la pathogénie de la DA, et également à s’intéresser d’une façon croissante au rôle de l’immunothérapie spécifique dans cette affection.
– Les études :
- En raison de la complexité intrinsèque de la DA et en l’absence de consensus permettant de standardiser l’évaluation de l’évolution, seulement 8 études sont disponibles dans la littérature et permettent une évaluation qualitative de cette approche thérapeutique.
- 2 de ces études sont réalisées en double aveugle contre placebo, et 6 sont des études de cohorte.
- Des résultats incertains sont avancés par une étude contrôlée mais peu puissante, et les résultats négatifs sont émis par une seule étude ayant fait une immunothérapie orale qui n’est pas une voie efficace pour l’administration d’allergènes au niveau des muqueuses.
– Conclusion :
- Ainsi, plus d’études d’efficacité sont nécessaires avant de pouvoir recommander l’immunothérapie comme un traitement habituel de la DA.
- L’immunothérapie spécifique par voie sublinguale, qui a un excellent profil de sécurité et qui est capable d’influer sur les aspects systémiques de l’inflammation allergique, semble donc un bon candidat potentiel pour un traitement pathogénique de cette maladie.
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