L’immunothérapie sublinguale n’est pas toujours une alternative sure à l’immunothérapie sous-cutanée : Marie M. Cochard, MD, Philippe A. Eigenmann, MD
Department of Pediatrics, University Hospitals of Geneva, Switzerland
dans JACI Volume 124, Issue 2, Pages 378-379 (August 2009)
Dans le JACI d’août 09, l’équipe de P. Eigenmann rapporte, dans une lettre à l’éditeur, le cas de 2 adolescents chez qui la voie d’administration de l’immunothérapie a été modifiée en raison d’effets secondaires.
La première patiente de 14 ans
- était traitée pour une rhinite et un asthme pollinique (sans asthme en dehors du printemps) avec un mélange de pollens (50% graminées, 20% bouleau, 15% seigle et 15% plantain) injecté par voie sous-cutanée (Allergovit, Allergopharma).
- En raison de réactions locales importantes (mais en l’absence de réaction systémique) le traitement était interrompu et remplacé 4 mois avant la saison pollinique par une immunothérapie sublinguale (ITSL) à l’aide d’un extrait pollinique composé de 80% graminées et 20% seigle (Staloral 300, Stallergènes), administré sur un mode accéléré avec augmentation des doses toutes les 20 minutes pour atteindre 8 pressions.
- Un prurit buccal était signalé par la patiente sans nécessité de traitement ni de modification du protocole. La désensibilisation était poursuivie au domicile à la dose de 8 pressions par jour.
- Une attaque d’asthme sévère surviendra 1 semaine plus tard et se répètera à la reprise du traitement à une dose inférieure (4 pressions). La désensibilisation sera alors interrompue.
Le second patient est un jeune garçon de 13 ans polysensibilisé (pollens, acariens, moisissures, chat) avec rhinite et asthme.
- Une désensibilisation injectable avait été décidée à l’aide de 2 extraits séparés (pollens d’une part : 80% graminées-20% seigle et acariens d’autre part : D Pter 50%-D Far 50%) (Phostal, Stallergènes).
- Les 3 premières injections ayant provoqué une crise d’asthme (cédant après administration d’un bêta-agoniste et d’un antihistaminique), le traitement a été remplacé par un extrait sublingual de pollens (80% graminées-20%seigle, Staloral 300, Stallergènes) avec ajout 10 semaines plus tard d’un extrait d’acariens (D Pter 50%-D Far 50%, Staloral 300, Stallergènes) à l’aide d’un protocole accéléré pour atteindre 8 pressions à chaque administration, les produits étant pris de façon alternée un jour sur 2.
- L’extrait d’acariens était rapidement interrompu, malgré une bonne tolérance locale, en raison de la survenue d’une rhinite avec obstruction nasale importante.
- Les symptômes disparus à l’arrêt de la désensibilisation réapparaîtront (avec aggravation de l’asthme) lors d’une seconde tentative à la fin de l’automne suivant.
- L’extrait pollinique bien supporté a par contre été poursuivi jusqu’à la fin de la saison pollinique.
Les auteurs attirent l’attention, suite à ces observations, sur la possibilité de réactions systémiques avec la voie sublinguale et du danger potentiel d’un passage à la voie sublinguale lorsque la voie sous-cutanée est mal tolérée.
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