Quid du mélange ozone + allergènes sur les bronches ?

lundi 5 juillet 2004 par Dr Alain Thillay1674 visites

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Quid du mélange ozone + allergènes sur les bronches ?

Quid du mélange ozone + allergènes sur les bronches ?

lundi 5 juillet 2004, par Dr Alain Thillay

Le rôle de l’ozone sur les bronches du sujet asthmatique allergique reste encore imprécis. Tout particulièrement, il n’existe rien de bien consensuel sur l’implication de la sensibilisation allergénique. C’est tout le sujet de cette étude dont la méthodologie est très précise.

Effet de l’exposition à l’ozone sur la réponse des voies respiratoires exposées aux aéroallergènes chez des sujets asthmatiques. : Chen LL, Tager IB, Peden DB, Christian DL, Ferrando RE, Welch BS, Balmes JR.

Lung Biology Center, Center for Occupational and Environmental Health, Cardiovascular Research Institute, and Medical Service, San Francisco General Hospital, University of California, San Francisco, CA, USA.

dans Chest. 2004 Jun ;125(6):2328-35.

- CONTEXTE

  • Des études contrôlées concernant l’exposition chez les humains ont produit des résultats discordants à propos de l’effet de l’ozone sur la bronchoconstriction précoce en réponse aux aéroallergènes précisément chez des sujets asthmatiques sensibilisés.
  • Les paramètres spirométriques ne reflètent pas nécessairement l’effet de l’ozone inhalé ou des aéroallergènes sur l’inflammation des voies respiratoires.

- OBJECTIF

  • Cette étude a été pratiquée afin de rechercher si l’exposition à l’ozone augmente la réponse inflammatoire retardée des voies respiratoires, aussi bien que la réponse précoce de bronchoconstriction, après exposition aux aéroallergènes tels que les allergènes des acariens domestiques chez des sujets asthmatiques sensibilisés.

- METHODES

  • Étude randomisée, croisée, contrebalancée.
  • Type : exposition humaine en laboratoire.
  • Quatorze patients ont été exposés à 0,2 ppm d’ozone (O3) ou à de l’air filtré, à des jours différents, durant une heure.
  • Après chaque exposition, les sujets subissaient un test de provocation à l’aide de doses répétées de Dermatophagoides farinae (DF), ces doses étaient doublées successivement, afin de trouver la concentration de DF qui entraînait une diminution de 15% du VEMS (DL 15).
  • Six heures après le test de provocation, une bronchoscopie était pratiquée avec un lavage broncho-alvéolaire (BAL), un lavage des voies respiratoires proximales (LVRP) et une biopsie endobronchique.
  • La seconde séquence exposition/test de provocation spécifique/bronchoscopie étaient pratiquée au moins 4 semaines après la première séquence.

- RESULTATS

  • Il n’existait pas de différence significative pour ce qui concerne les marqueurs cellulaires ou biochimiques lors de la réponse inflammatoire tardive après le test de provocation allergénique, dans les suites de l’exposition à 03 ou à l’air (bien que nous ayons constaté une tendance à l’augmentation des neutrophiles après exposition à l’O3 dans le LVRP, p=0,06).
  • Pour le groupe dans l’ensemble : pas de différence significative de la DL 15 n’a été mise en évidence après l’exposition à l’O3 comparée à l’exposition à l’air.
  • Cependant, les sujets qui avaient la plus grande diminution du VEMS induite par l’O3 tendaient à avoir des valeurs basses de DL 15 après exposition à l’O3.

- CONCLUSION

  • L’exposition à des niveaux de concentration relativement bas d’ozone n’augmente pas la phase inflammatoire retardée ou la réponse de bronchoconstriction précoce aux aéroallergènes chez la plupart des sujets asthmatiques allergiques.
  • Nos résultats suggèrent fortement, cependant, qu’un sous-groupe d’asthmatiques peut acquérir une augmentation de la sensibilité aux aéroallergènes après exposition à l’ozone.

Cette étude américaine ne semble pas prouver grand chose quant au rôle de l’ozone sur la bronchoconstriction et la phase inflammatoire chez des sujets asthmatiques subissant un test de provocation bronchique spécifique.

Ils notent simplement qu’un sous-groupe d’asthmatiques acquiert une augmentation de la sensibilité aux aéroallergènes après exposition à des doses relativement modérées d’ozone.

Ce travail ne rend pas compte des effets d’une exposition chronique à l’ozone, en effet les sujets n’y étaient exposés que durant une heure.

Saluons le courage des patients, que j’espère volontaires, qui ont subi plusieurs bronchoscopies avec LBA, LVRP et biopsie.