Pour attirer les IgE, la reine des nucules a besoin d’artifices !

lundi 3 septembre 2007 par Dr Hervé Couteaux745 visites

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Pour attirer les IgE, la reine des nucules a besoin d’artifices !

Pour attirer les IgE, la reine des nucules a besoin d’artifices !

lundi 3 septembre 2007, par Dr Hervé Couteaux

Cor a 1(allergène majeur de la noisette) et Bet v 1 (allergène majeur du pollen de bouleau) sont deux allergènes homologues : ils appartiennent tous deux à la famille des PR-10. La réactivité croisée (biologique et clinique) entre ces deux allergènes est fréquente dans nos régions. Le diagnostic en est-il aisé ?

Amélioration d’un extrait de noisette destiné aux tests IgE par adjonction d’un allergène recombinant. : K. Andersson, B. K. Ballmer-Weber, A. Cistero-Bahima, J. Östling, I. Lauer, S. Vieths, J. Lidholm

1Phadia AB, Uppsala, Sweden ; 2Department of Dermatology, University Hospital Zürich, Zürich, Switzerland ; 3Allergy and Clinical Immunology Unit, Institut Universitari Dexeus, Barcelona, Spain ; 4Department of Allergology, Paul-Ehrlich-Institut, Langen, Germany

dans Allergy
Volume 62 Issue 8 Page 897-904, August 2007

- Contexte :

  • Les noisettes sont une cause fréquente de réactions allergiques aux aliments.
  • La plupart des individus allergiques aux noisettes en Europe centrale et nordique sont sensibilisés à Cor a 1, un membre de la famille des protéine PR-10, alors que Cor a 8, une protéine de transfert de lipides, se comporte comme un allergène majeur dans le sud de l’Europe.
  • D’autres allergènes, incluant des protéines de stockage et des profilines, peuvent être importants pour des sous-groupes de patients.
  • La détection fiable d’IgE spécifiques dans le diagnostic clinique de l’allergie alimentaire exige des réactifs allergéniques comportant une représentation suffisante de tous les composants allergéniques appropriés.
  • Quelques observations rapportées suggèrent que l’extrait naturel de noisette puisse ne pas convenir parfaitement à cet égard.

- Méthodes :

  • La capacité de liaison d’extrait naturel immobilisé de noisette aux IgE et IgG spécifiques de Cor a 1, Cor a 2 et Cor a 8 a été étudiée par des expériences d’adsorption de sérum, de dilutions d’extraits et par l’utilisation d’antisera allergènes spécifiques de lapin.
  • Toutes les mesures ont été effectuées avec la plateforme d’analyse d’ImmunoCAP.

- Résultats :

  • Les résultats expérimentaux ont révélé une capacité incomplète de l’extrait immobilisé de noisette à se lier aux anticorps IgE dirigés contre l’allergène majeur Cor a 1.
  • Le clouage de l’extrait de noisette avec le recombinant Cor a 1.04 avant le couplage en phase solide a eu comme conséquence une augmentation de la liaison avec les IgE de la part des sera réactifs à Cor a 1.
  • Ce clonage n’a pas négativement affecté les tests IgE pour d’autres composants que Cor a 1.

- Conclusion :

  • Un extrait allergénique de noisette peut avoir un renforcement de sa capacité de détection d’IgE par l’adjonction de recombinant Cor a 1.04.

On peut améliorer l’IgE-réactivité d’un extrait de noisette en lui ajoutant du recombinant Cor a 1.04.

L’allergie au pollen de bouleau est très fréquente dans le nord de l’Europe.

Les polliniques présentent souvent des réactions allergiques à la noisette par allergie croisée à Cor a 1.

Il y a d’autres manières d’être allergique à la noisette : on peut synthétiser des IgE se liant aux autres allergènes de la noisette :
- Cor a 2 : Profiline (voie d’exposition : inhalation ou ingestion)
- Cor a 10 : Luminal binding protein (inhalation)
- Cor a 8 : LTP (Ingestion) qui croise (selon Allergome.org) avec les LTP du raisin (Vitis vinifera) et de la grenade (Punica granatum).
- Cor a 11 : Viciline (7S Vicilin like Globuline) (Ingestion)
- Cor a 9 : 11 S Globuline
- Cor a Oleosine : Oléosine (Ingestion)

On peut noter que la nomenclature actuelle des allergènes ne permet pas de distinguer les allergènes du pollen de noisetier et ceux de la noisette…

Fruit à coque, la noisette renferme des protéines de stockage et des LTP, des allergènes potentiellement responsables de réactions sévères, tandis que les réactions à Cor a 1, en général secondaires à une sensibilisation primaire pollinique, sont plus modérées (syndrome oral le plus souvent).

L’allergie à la noisette n’est donc pas univoque et son diagnostic cutané ou biologique se doit d’être précis. Avant l’obtention de cette précision (recombinants bientôt disponibles ?...), se situe en premier lieu la pertinence de l’extrait : pour représenter au mieux la nature, il faut donc intervenir artificiellement…

Rappelons que depuis la directive européenne 203/89 EC du 10/11/03, l’étiquetage des allergènes potentiels d’un produit alimentaire manufacturé est obligatoire et la noisette (au même titre que les autres fruits à coque) figure dans l’annexe IIIa, qui répertorie les produits allergisants potentiels.