USA / Premier cas d’indemnisation d’un patient atteint par les complications d’une allergie alimentaire sévère. Laurie Stewart Law.com
La Cour Supérieure de Justice , dans le New Jersey (USA), a accordé 10 millions de dollars à un garçon atteint d’un handicap sévère après choc anaphylactique dû à l’ingestion d’une barre chocolatée sucrée enrobée de cacahuètes. La cour a considéré que les pédiatres et allergologues de l’enfant étaient responsables de ses blessures dans la mesure où ils avaient négligé d’informer les parents de l’enfant de la sévérité de son allergie aux cacahuètes. Le verdict, délivré la semaine dernière, passe pour être la première plainte « gagnante » dans un cas d’allergie alimentaire aux USA, annonce Maître Robert Ross, avocat de la partie plaignante.
Le jour de Noël 1996, Roy Varghese, 8 ans à l’époque, a mangé un morceau de chocolat avec des noisettes. Il a eu immédiatement une difficulté puis une gêne respiratoire importante, puis une réaction anaphylactique et une détresse respiratoire avec arrêt cardiaque, expliquant les suites juridiques.
Maitre Ross, l’avocat, dit que le handicap de l’enfant est permanent. Maintenant âgé de 13 ans, il ne peut plus communiquer est quadriplégique et a de nombreuses crises d’épilepsie.
Une plainte a été portée contre les 3 pédiatres qui avaient vu l’enfant et contre l’allergologue.
Le fondement de la plainte contre le premier pédiatre était, qu’il était au courant de l’allergie de Roy Varghese, mais qu’il n’avait jamais fait appel à un allergologue, ni prescrit de l’Adrénaline, le médicament qui peut diminuer la sévérité lors de l’ingestion de cacahuètes. "Il connaissait cette allergie depuis qu’il était petit", dit l’avocat. Quand il était petit enfant, il a mangé une cacahuète M& M, et a présenté une éruption de la face, et son visage enfla. Le pédiatre a prescrit un antihistaminique, et n’a donné aucun avertissement sur les dangers de l’allergie à la cacahuète. Les parents n’ont pas été avertis des mesures de précautions à prendre ».
Quatre ans plus tard, Roy Varghese, chez qui avait été diagnostiqué un asthme, a mangé un bol avec du beurre de cacahuète. Cette fois, son corps entier fut couvert d’urticaire, il commença à siffler et fut dyspnéique.
L’avocat dit alors que chez les enfants souffrant d’asthme, avec une allergie alimentaire, il y a un risque plus grand d’anaphylaxie, une réaction sévère et immédiate liée à l’introduction d’une protéine étrangère dans l’organisme.
Après la seconde réaction allergique, ses parents le ramenèrent consulter le pédiatre qui traita les conséquences de l’asthme. « Une nouvelle fois, ce spécialiste ne prévint pas des dangers de l’allergie aux cacahuètes, ne lui prescrivit pas d’Adrénaline, et ne l’envoya pas consulter un allergologue » dit l’avocat du jeune patient.
Peu après la deuxième crise, l’assurance médicale de l’enfant changea, et il fut demandé que l’enfant voie un autre pédiatre. Deux autres praticiens suivirent l’enfant. La première fois qu’ils examinèrent l’enfant, ils découvrirent son allergie à la cacahuète, et un conseil fut demandé à un allergologue. Cependant aucun de ces 3 praticiens ne prescrivit d’Adrénaline ni, n’expliqua aux parents les risques de dangers réels et mortels, selon l’avocat.
En 1996, Roy Varghese consulta à nouveau les mêmes médecins, et il était à nouveau entre les mains du premier pédiatre au moment du choc anaphylactique.
L’avocat des plaignants dit qu’un " arrangement confidentiel " avait eu lieu juste avant le procès avec ce premier pédiatre.
Pendant les 3 semaines du procès, les 2 derniers spécialistes argumentèrent qu’ils avaient adressé l’enfant à l’allergologue. Ils dirent que ce spécialiste avait été défaillant. Ils se contentèrent de dire qu’ils n’étaient pas responsables.
L’allergologue n’est pas venu au procès.
La Cour a donné son verdict et 10 millions de dollars devront être versés ; 80% de responsabilité pour le premier pédiatre et 20% pour l ’allergologue.
L’avocat dit qu’il demandera au juge de faire payer à l’allergologue la totalité, puisque le pédiatre avait déjà convenu d’un agrément avant le procès.
Le jury ne condamne pas les 2 autres pédiatres. Les parents de Varghese furent aussi considérés comme non responsables de l’accident de leur fils. En effet un tiers avait plaidé contre eux, alléguant qu’ils auraient du connaître les conséquences d’une exposition aux cacahuètes, pour leur fils.
Les parents expliquèrent qu’ils n’étaient pas au courant de l’importance du risque dû aux cacahuètes pour leur enfant, mais que néanmoins ils avaient essayé de diminuer le plus possible cette exposition.
Cette affaire est importante, pas à cause du montant du dédommagement, dit l’avocat, mais parce que c’est la première victoire dans une plainte pour un cas d’allergie alimentaire.
C’est important pour les médecins et les chercheurs qui se sont consacrés à ce sujet et à le faire connaître : « l’allergie aux cacahuètes est très sérieuse et peut être mortelle. Vous devez donner de sérieux avertissement à vos patients »
C’est l’espoir de ces parents de permettre d’éviter la répétition de ce drame pour d’autres enfants.
Envie de réagir?