Anaphylaxie per-anesthésique en France : une étude nationale de 8 ans. : anesthesia in France : An 8-year national survey Paul Michel Mertes, François Alla, Philippe Tréchot, Yves Auroy, Eric Jougla, Groupe d’Etudes des Réactions Anaphylactoïdes Peranesthésiques
dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - 19 April 2011 (10.1016/j.jaci.2011.03.003)
– Contexte :
- Plus d’attention devrait être accordée aux rares effets indésirables mais graves comme l’anaphylaxie afin d’accroître la sécurité de l’anesthésie.
– Objectif :
- Rendre compte des résultats d’une enquête de 8 ans concernant l’anaphylaxie survenant pendant l’anesthésie en France.
– Méthodes :
- Les données des patients qui ont subi l’anaphylaxie entre le premier janvier 1997 et le 31 décembre 2004, ont été analysées.
- Les incidences estimées ont été obtenues en combinant cette base de données avec les données du réseau de pharmacovigilance français à l’aide d’une méthode capture-recapture.
- Le nombre de patients exposés aux agents a été obtenu à partir des données recueillies au cours de l’enquête nationale de pratique de l’anesthésie.
– Résultats :
- Au total 2516 patients ont été inclus.
- Le diagnostic d’une réaction à IgE a été établi dans 1816 cas (72,18%).
- Les causes les plus fréquentes étaient :
- les agents de blocage neuromusculaire (curares), n = 1067 soit 58,08% ;
- le latex, n = 361 soit 19,65% ;
- et les antibiotiques, n = 236 soit 12,85%.
- La médiane de l’incidence annuelle par million de procédures était plus élevée pour les femmes 154,9 (5ème au 95ème percentile, de 117,2 à 193,1) que pour les hommes 55,4 (5ème au 95ème percentile, de 42,0 à 68,0).
- Cela atteint 250,9 (5ème au 95ème percentile, de 189,8 à 312,9) pour les femmes dans le cas des réactions allergiques aux curares.
- Chez les enfants, un diagnostic de réactions à IgE a été obtenu dans 122 cas (45,9%).
- Les causes les plus fréquentes ont été :
- le latex, n = 51 soit 41,8% ;
- les curares, n = 39 soit 31,97% ;
- et les antibiotiques, n = 11 soit 9,02%.
- A l’encontre de la population adulte, pas de prédominance féminine observée.
– Conclusion :
- L’incidence des réactions allergiques per-anesthésiques, estimée sur une base nationale, est plus élevée que dans les études antérieures.
- Ces résultats doivent être pris en compte dans l’évaluation du rapport bénéfice-risque des différentes techniques d’anesthésie chez les individus.
- L’incidence de réactions semblables selon le sexe avant l’adolescence suggère un rôle des hormones sexuelles dans l’augmentation de l’anaphylaxie chez les femmes.
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