Patients ayant des réactions aux médicaments : est-il bien de les explorer ? : S. Wöhrl1,2, K. Vigl1, G. Stingl1
1Department of Dermatology, Division of Immunology, Allergy and Infectious Diseases (DIAID) ; 2Department of Clinical Pharmacology, Medical University of Vienna, Vienna, Austria
dans Allergy 61 (8), 928-934
– Introduction :
- Une non évaluation des réactions médicamenteuses nécessitant la prescription de thérapeutiques alternatives coûteuses a conduit l’Académie Européenne d’Allergie et d’Immunologie Clinique à recommander des guidelines visant à explorer ces réactions.
- Les auteurs ont étudié si l’utilisation d’une procédure structurée de tests chez des patients ayant présenté des réactions aux médicaments est supérieure au risque potentiel de cette exploration.
– Méthodologie :
- Il s’agit d’une étude rétrospective d’une cohorte de 291 patients (220 femmes et 71 hommes) ayant consultés de façon consécutive entre janvier 2003 et juin 2004 pour des antécédents de réactions médicamenteuses.
- 23 patients ont rapporté plus d’un épisode soit 325 réactions.
- Tous les patients ont suivi le même protocole : interrogatoire détaillé, tests cutanés et/ou dosage des IgE spécifiques aux bétalactamines, et en l’absence de conclusion, chaque patient a réalisé un test de provocation, si nécessaire avec un traitement alternatif.
– Résultats :
- Les auteurs ont évalué les réactions à 130 antibiotiques, 90 AINS, 36 anesthésiques locaux et 69 autres médicaments.
- Une association entre l’ingestion du médicament et une réaction a été confirmée chez 100 patients et exclus chez 157.
- 14 des 104 tests de provocation, (dont 4 réactions au placebo), ont été positifs sans qu’il y ait de problème de prise en charge.
- Dans 68 cas le protocole n’a pas permis de trancher.
- De plus les auteurs ont recommandé 197 traitements alternatifs pour 85 patients.
- Au total, la procédure utilisée a permis des recommandations claires dans 82.1 % des cas (soit pour 239 patients sur 291).
– Conclusions :
- Une procédure standardisée d’exploration incluant un test de provocation oral chez des patients ayant des antécédents de réactions médicamenteuses conduit à clairement indiquer les patients qui pourront tolérer un traitement ultérieurement ou qui devront éliminer certaines molécules avec alors des conseils pour des traitements alternatifs et cela chez une grande majorité de patients avec très peu de risque d’effets indésirables, risques qui sont modérés.
Envie de réagir?