Réactivité croisée entre les allergènes d’Anisakis et de venin de guêpe. : Rodríguez-Pérez R.a · Monsalve R.I.c · Galán A.c · Perez-Piñar T.a · Umpierrez A.b · Lluch-Bernal M.b · Polo F.b · Caballero M.L.a
Departments of aImmunology and bAllergy, Hospital Carlos III, and cALK-Abelló, Madrid, Spain
dans Int Arch Allergy Immunol 2014 ;163:179-184 (DOI:10.1159/000358060)
– Contexte :
- L’anisakiase est causée par la consommation de poissons ou de mollusques crus ou insuffisamment cuits, parasités par les larves vivantes L3 des nématodes Anisakis spp.
- Les larves s’accrochent à la muqueuse gastrique et libèrent des produits d’excrétion/sécrétion contenant les principaux allergènes.
- On a déjà décrit la libération par les larves de nématodes d’allergènes apparentés aux protéines de venins, dans leurs produits d’excrétion/sécrétion.
- Nous avons donc étudié les réactivités croisées potentielles entre les allergènes d’Anisakis et de venin de guêpe.
– Méthodes :
- Deux groupes de 25 patients chacun ont été étudiés : des patients allergiques aux venins ou allergiques à Anisakis.
- Les sera des patients étaient testés par ImmunoCAP, par dot-blot avec les allergènes recombinants d’Anisakis, et par système ADVIA-Centaur avec les allergènes d’hyménoptères.
- La réactivité croisée était évaluée par des tests d’inhibition d’IgE en immunoblot.
- Le rôle des CCD (cross-reactive carbohydrate determinants) était étudié par inhibition avec la broméline et après traitement par le périodate.
– Résultats :
- Un total de 40% des patients allergiques aux venins de guêpe avaient des IgE vis à vis de Anisakis simplex, et 20% détectaient au moins un des allergènes recombinants d’Anisakis testés.
- De même, 44% des patients allergiques à Anisakis avaient des IgE vis à vis des venins des guêpes et 16% détectaient au moins un des allergènes d’hyménoptères testés.
- Les patients allergiques au venin de guêpe détectaient les CCD dans les extraits d’Anisakis et les épitopes peptidiques des allergènes d’Anisakis rAni s 1 et rAni s 9, alors que les patients allergiques à Anisakis détectaient uniquement les CCD sur l’allergène nVes v 1 des venins des espèces Vespula.
- Le seul allergène de Anisakis inhibé par le venin de guêpe était rAni s 9.
– Conclusion :
- C’est la première fois qu’une sensibilisation croisée entre le venin de guêpe et Anisakis a été décrite.
- Les CCD sont impliqués dans les deux cas ; toutefois, les épitopes peptidiques sont reconnus seulement par les patients allergiques au venin de guêpe.
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