20 février 2026 ·  · 3 lectures

min de lecture  Aller à la conclusion

Cette prise de position de l’EAACI suggère que la combinaison de la télémédecine, de la santé mobile et de l’intelligence artificielle permettrait d’améliorer les diagnostics précoces, les suivis et l’observance, tout en diminuant l’empreinte carbone des trajets de soins. Elle propose également que l’allergologie durable passe par des actions concrètes (inhalateurs, recyclage, suivi à distance, données structurées) et par une stratégie visant l’équité d’accès.

Les maladies allergiques augmentent partout, et surtout chez l’enfant, et pèsent à la fois sur les patients, les soignants… et l’environnement. Cette prise de position de l’EAACI propose un cadre pratique pour accélérer deux transitions : numérique (mHealth, IA, objets connectés) et durable (réduction d’émissions, « green prescribing », circuits de recyclage). L’idée : soigner mieux, plus tôt, et plus “léger” pour la planète. (Note de l’auteur : je travaille actuellement à la mise à disposition d’une lancette pour tests cutanés allergologique qui limite notre impact lors de nos tests.
A strategic framework for digital and sustainabletransformation in allergy care : An EAACI position paper Gavriela Feketea and al.

Pour aller plus loin

Méthode

Document de position (Task Force) fondé sur :

  • une analyse approfondie des données existantes et d’un débat sur des consensus dans trois domaines clés : la transformation numérique, la durabilité écologique et la coopération internationale ;
  • une démarche de consensus avec un seuil minimal d’approbation (≥80 %) pour des propositions-clés, suivie de réunions (en ligne et en personne) pour évaluer la faisabilité et l’équité, avant la finalisation.

Résultats

  • Trois priorités stratégiques :
    • Digitaliser de manière utile : suivi des symptômes et du traitement, téléconsultation, intégration de données environnementales et outils d’aide au diagnostic (en veillant à la fiabilité clinique).
    • Assurer une prise en charge plus durable : prescriptions « plus vertes » quand c’est pertinent (par exemple pour les inhalateurs), limiter les déplacements inutiles et mieux organiser l’élimination et le recyclage des dispositifs.
    • Atténuer les disparités : outils faciles à utiliser et multilingues, conçus en collaboration avec les patients et bénéficiant d’investissements publics (infrastructures et accès au numérique).
  • Exemples concrets cités :
    • Faible taux de réutilisation des inhalateurs en situation réelle en raison d’une information insuffisante des patients ; en revanche, des programmes de récupération et de recyclage(type « postal ») démontrent leur faisabilité et leur impact positif sur l’empreinte carbone.
    • Plateformes de suivi standardisées du type MASK-air (ARIA/EAACI) pour lier les données de « vraie vie » et les directives.

Discussion

  • Atouts majeurs :
    • Vision « système » : qualité des soins, efficience, durabilité et équité (logique ESG).
    • Message très opérationnel : la durabilité commence par la base (technique d’inhalation, adhésion, prévention des exacerbations = moins de soins “lourds” et moins d’émissions).
  • Limites :
    • niveau de preuve hétérogène selon les outils digitaux ;
    • besoin d’études dans les régions à ressources limitées ;
    • obstacles structurels : cadre règlementaire, cybersécurité, interopérabilité des dossiers, pérennité des infrastructures.
  • Risque de « fracture numérique » si l’accès n’est pas financé ou si les interfaces ne sont pas simplifiées.

Conclusion

Cette feuille de route EAACI met de l’avant une idée simple : la « modernisation » n’est pas un gadget, mais bien une stratégie de santé publique, à condition qu’elle reste clinique, mesurable et inclusive. Les ouvertures sont nettes : suivi en temps réel, triage plus rapide, données harmonisées, prévention des exacerbations, prescriptions plus durables. L’organisation est le principal défi à relever : sans interopérabilité, financement adéquat, règles de sécurité et accompagnement des patients, le numérique peut exacerber les inégalités au lieu de les atténuer.


Le mot de l'allergo

En clair : l’EAACI explique qu’on peut souvent mieux suivre les allergies grâce au numérique (applications de symptômes, téléconsultations, objets connectés), tout en faisant attention à l’impact sur la planète. Par exemple, si l’asthme est mieux contrôlé (bonne technique d’inhalation, traitement régulier), il y a moins de crises… donc moins d’urgences et moins de déplacements. Les auteurs insistent aussi sur le recyclage des inhalateurs et sur l’accès pour tous : un outil numérique n’aide que s’il est simple, disponible, et pensé avec les patients.

Noter cet article (sur 10)

1 vote
hygiène médicament

Envie de réagir?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.