Anaphylaxie durant l’anesthésie : résultats d’une enquête sur 12 ans dans un centre de pédiatrie français : C. Karila1, D. Brunet-Langot1, F. Labbez2, O. Jacqmarcq2, C. Ponvert1, J. Paupe1, P. Scheinmann1, J. de Blic11Service de Pneumologie et d’Allergologie Pédiatriques ; 2Département d’Anesthésie et de Réanimation Chirurgicale Pédiatriques, Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris Cedex, France
1Service de Pneumologie et d’Allergologie Pédiatriques ; 2Département d’Anesthésie et de Réanimation Chirurgicale Pédiatriques, Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris Cedex, France
dans Allergy 60 (6), 828-834.
– Contexte :
- Des tests sont habituellement pratiqués dans les suites d’une réaction adverse à l’anesthésie pour déterminer le mécanisme de la réaction et pour identifier l’agent responsable.
- Jusqu’ici, on ne disposait en France d’aucune étude chiffrée concernant ces tests chez l’enfant.
– Méthodes :
- Entre 1989 et 2001, 68 enfants ont été vus pour des réactions d’hypersensibilité lors d’une anesthésie générale.
- 30 enfants avaient subi plus d’une opération pour des malformations congénitales.
- L’anaphylaxie IgE-médiée était diagnostiquée à l’aide de tests cutanés associés à l’histoire clinique.
– Résultats :
- Ont été observées :
- 20 réactions de grade I,
- 27 réactions de grade II et
- 21 réactions de grade III.
- L’anaphylaxie IgE-médiée a été diagnostiquée chez 51 enfants :
- trente et un (60.8%) pour les curarisants,
- quatorze (27%) pour le latex,
- sept (14%) pour les colloïdes,
- cinq (9%) pour les opiacés et
- six (12%) pour les hypnotiques.
- Le vecuronium s’est avéré être le myorelaxant responsable du plus grand nombre de réactions.
- Une réactivité croisée aux curarisants disponibles en France a été observée chez 23 des 30 enfants (76%) particulièrement pour le vecuronium et l’atracurium ou le pancuronium.
- La fréquence estimée des réactions anaphylactiques IgE médiées a été de une pour 2100 opérations.
- En se basant sur nos résultats, 25 enfants ont pu recevoir un anesthésique différent sans réaction adverse.
– Conclusions :
- Comme chez l’adulte, la plupart des réactions anaphylactiques lors de l’anesthésie générale sont dues d’abord aux curarisants puis au latex.
- Nos résultats confirment que les tests cutanés avec les produits anesthésiques chez l’enfant sont faisables et sûrs et qu’ils améliorent la sécurité des procédures ultérieures d’anesthésie.
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