Doses élevées de corticostéroïdes inhalés pendant le premier trimestre de la grossesse et malformations congénitales. : Lucie Blais, PhDacd, Marie-France Beauchesne, PharmDacd, Catherine Lemière, MD, MScbc, Naoual Elftouh, MScc
a Faculty of Pharmacy, Université de Montréal, Montreal, Quebec, Canada
b Faculty of Medicine, Université de Montréal, Montreal, Quebec, Canada
c Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, Montreal, Quebec, Canada
d Endowment Pharmaceutical Chair AstraZeneca in Respiratory Health, Montreal, Quebec, Canada
dans JACI Volume 124, Issue 6, Pages 1229-1234.e4 (December 2009)
– Contexte :
- Bien que des données rassurantes existent sur l’utilisation de doses faibles à modérées de corticostéroïdes inhalés (CSI) pendant la grossesse, les données sont insuffisantes pour les femmes recevant des doses élevées.
– Objectif :
- Etudier l’association entre les doses de CIS au cours du premier trimestre de la grossesse et le risque de malformations congénitales chez des femmes souffrant d’asthme.
– Méthodes :
- Nous avons mené une étude de cohorte sur 13280 grossesses de femmes asthmatiques (1990-2002) en reliant les 3 bases de données administratives du Québec (Canada).
- A l’aide de modèles d’équation d’estimation généralisée, nous avons comparé les femmes qui prennent des doses jusqu’à 1000 µg/j de CSI (équivalent de chlorofluorocarbone de dipropionate de béclométasone) avec des femmes qui prennent des doses supérieures à 1000 µg/j de CSI et celles n’en prenant pas du tout.
- Les principales mesures de résultat étaient toutes les malformations congénitales majeures ou non.
– Résultats :
- Nous avons identifié 1257 nourrissons atteints d’une malformation congénitale (9,5%) et 782 nouveau-nés avec une malformation majeure (5,9%).
- Nous avons constaté que les femmes ayant utilisé des doses supérieures à 1000 µg/j de CSI (n=154) étaient beaucoup plus susceptibles (63%) d’avoir un bébé atteint d’une malformation que les 4392 femmes ayant utilisé des doses allant jusqu’à 1000µg/j (rapport de risque ajusté, 1,63 ; IC 95%, 1,02-2,60).
- D’autre part, les femmes qui ont utilisé des doses jusqu’à 1000 µg n’avaient pas plus de risque que les femmes n’ayant pas recours aux CSI durant le premier trimestre (n=8734).
- Pas de tendances significatives d’une ampleur similaire ont été trouvées pour les malformations majeures.
– Conclusions :
- Notre étude ajoute des preuves sur la sécurité des doses faibles à modérées de CSI au cours du premier trimestre de grossesse, mais soulève des inquiétudes sur les doses élevées.
- Cependant, nous ne pouvons pas exclure la possibilité de confusion résiduelle selon la gravité de cette association.
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