Les marqueurs de l’allergie chez l’adulte en fonction du moment de l’exposition dans leur vie aux allergènes des animaux domestiques : étude EGEA : M.-P. Oryszczyn1, I. Annesi-Maesano1, D. Charpin2, F. Kauffmann1
1Epidemiology and Biostatistics, INSERM U472-IFR69, Villejuif, France ; 2UPRES 3287 and Hôpital Nord, Marseille, France
dans Allergy 58 (11), 1136-1143.
Plusieurs études ont suggéré qu’une exposition précoce des enfants aux allergènes des animaux domestiques pourrait protéger du développement ultérieur d’un terrain atopique mais peu de données sont disponibles concernant ce sujet chez les adultes.
– Objectif de l’étude : Les relations entre des marqueurs d’allergie chez l’adulte et une exposition actuelle et une exposition dans l’enfance aux allergènes animaux ont été étudiées en s’intéressant rétrospectivement à la durée et au moment de cette exposition.
– Méthode :
* IgE, prick-tests, taux des éosinophiles ont été corrélés à l’exposition aux animaux domestiques chez 187 adultes asthmatiques et chez 243 patients témoins de l’étude EGEA (Epidemiological Study on the Genetics and Environment of Asthma, hyperréactivité bronchique et atopie).
* Les analyses ont été refaites, dans cette étude rétrospective, en retirant les patients ayant éliminé leurs animaux domestiques ou ceux qui ont tenu compte des symptômes occasionnés par certains animaux.
– Résultats :
* Chez les asthmatiques, une exposition actuelle aux animaux n’est pas corrélée à une positivité des tests cutanés alors que l’exposition dans l’enfance est significativement liée à une diminution des tests cutanés positifs à tous les allergènes et au chat en particulier, avec une association restreinte à ceux qui ont été exposés avant l’age de 2 ans (OR=O.30, IC95% : 0.12-0.76).
* En considérant le temps relatif d’exposition aux animaux domestiques en relation avec le début de l’apparition d’un asthme, il apparaît que l’effet protecteur d’une exposition aux animaux domestiques est lié à une exposition aux animaux avant l’apparition de l’asthme (OR pour un test cutané positif : 0.19, IC : 0.08-0.48).
– Conclusion : Ces résultats confirment l’hypothèse selon laquelle une exposition aux animaux domestiques dans les premières années de vie, et en particulier avant le début de l’asthme, pourrait protéger les adultes contre la sensibilisation aux allergènes.
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