24 janvier 2005
· Dr Alain Thillay
· 937 lectures
Nombre d’études ont suggéré l’existence d’un lien entre obésité et asthme. Cette étude néo-zélandaise a pour objet de comparer l’évolution de la prévalence de la maladie asthmatique et de l’obésité entre 1989 et 2000 chez l’enfant. Un moyen de vérifier l’implication du surpoids dans l’asthme.
Obésité et asthme chez des enfants néo-zélandais âgés de 11 à 12 ans en 1989 et 2000. : K Wickens1, D Barry2, A Friezema3, R Rhodius3, N Bone2, G Purdie4 and J Crane1
1 Wellington Asthma Research Group, Wellington School of Medicine and Health Sciences, New Zealand
2 Healthcare Hawkes Bay, Hastings, New Zealand
3 Faculty of Medicine, University of Groningen, The Netherlands
4 Department of Public Health, Wellington School of Medicine and Health Sciences, New Zealand
dans Thorax 2005 ;60:7-12
– CONTEXTE
- Ces dernières années, Il a été constaté une augmentation simultanée de la prévalence de l’asthme et de celle de l’obésité en Nouvelle-Zélande et dans d’autres pays.
– METHODES
- Deux études en sections croisées ont été pratiquées en 1989 et 2000 afin de vérifier cette association chez des enfants d’âge moyen de 11,7 années.
- L’index de masse corporelle (IMC) a été calculé selon la formule habituelle P/T2 (kg/m2) ; l’obésité et le surpoids ont été définis selon un standard international.
- Nous avons eu recours à un questionnaire standardisé pour mesurer la prévalence des symptômes asthmatiques.
– RESULTATS
- Entre 1989 et 2000, l’augmentation significative de la prévalence des symptômes asthmatiques rapportés et de celle d’asthme n’étaient pas expliquées par une augmentation simultanée de la prévalence de l’obésité.
- En 2000, une analyse multivariable montrait que l’augmentation de l’IMC était significativement associée avec des sifflements thoraciques (p=0,002), l’usage de corticostéroïdes inhalés (p=0,004) et le recours à tout autre médicament (p=0,001).
Aucune de ces associations n’était significativement différente chez les garçons ou chez les filles.
– CONCLUSION
- Il existe quelques arguments en faveur d’une association de l’obésité et des symptômes asthmatiques et leurs traitements, mais ceci n’explique pas pour autant l’augmentation de la prévalence de cette maladie.
Le mot de l'allergo
De nombreuses études ont déjà traité de ce sujet, l’association de l’obésité et de l’asthme. Elles ont suggéré qu’il existait significativement plus de surpoids chez l’asthmatique. Bien sûr, aucune de ces études n’est capable de donner une explication claire sur ce lien.
L’objectif de cette étude néo-zélandaise semble plus ambitieux car il s’agit d’évaluer la dynamique d’évolution des prévalences de l’obésité et de la maladie asthmatique entre 1989 et 2000. Si, ces deux pathologies sont liées, normalement, les prévalences doivent être parallèles.
Que disent les résultats ? Autant qu’on puisse le comprendre à partir de ce résumé vraiment succinct, il semble qu’ils confirment une surreprésentation de l’asthme chez les sujets en surpoids ou obèses. Mais, l’analyse de l’évolution des deux prévalences entre 1989 et 2000 suggère que l’augmentation formidable de la prévalence de la maladie asthmatique n’est pas corroborée à une augmentation de celle de l’obésité dans des proportions voisines.
Les auteurs de conclure que l’augmentation de la prévalence de l’obésité ne peut pas à elle seule expliquer l’augmentation de l’asthme. C’est une autre manière de dire que la maladie asthmatique est plurifactorielle et plutôt en rapport avec le mode de vie occidentale. C’est une autre manière de dire qu’il n’existe pas d’explication simple et univoque pour comprendre l’explosion de la maladie asthmatique de la fin du XX ième siècle.
Noter cet article (sur 10)
Ne passez pas à côté de l'actualité !
Une fois par mois. Gratuit. Désinscription en un clic.
Envie de réagir?