Présentation clinique et diagnostique de l’allergie à la viande en Suisse et dans le sud de l’Allemagne. : Theler B, Brockow K, Ballmer-Weber BK.
Allergy Unit, University Hospital, Zürich, Switzerland.
dans Swiss Med Wkly. 2009 May 2 ;139(17-18):264-70.
– Objectifs :
- L’objectif de cette étude était d’étudier les caractéristiques cliniques de l’allergie à la viande, de valider les outils diagnostiques de routine et de comparer nos résultats avec les données de la littérature.
– Méthodes :
- Nous avons recruté dans le cadre du projet de l’Union Européenne REDALL des patients adultes et des enfants ayant eu une histoire d’allergie à la viande.
- Le critère d’inclusion définitif était, soit des antécédents de réaction anaphylactique à une viande ou un test de provocation quantitatif, contrôlé, en double aveugle, contre placebo à la viande incriminée.
- La sensibilisation à la viande a été évaluée chez tous les patients par prick-tests avec des extraits de viande (extraits viande de poulet, de bœuf et de porc), et, in vitro par la détermination des IgE spécifiques à la viande de porc, de bœuf et de poulet (CAP-FEIA).
– Résultats :
- Entre mars 2003 et juin 2005, nous avons identifié treize patients ayant une histoire d’allergie à la viande, soit au poulet (n = 6), au boeuf (n = 5) ou au porc (n = 2).
- Les symptômes associés à l’allergie à la viande, tels que rapportés par les patients, variaient de l’urticaire de contact de la muqueuse buccale (syndrome allergique oral) à des réactions anaphylactiques.
- Les tests cutanés avec la viande responsable étaient positifs chez neuf patients, et, in vitro, la détermination des IgE spécifiques était positive chez quatre patients.
- Au test de provocation orale quantitatif, un patient a répondu par des nausées et de la dysphagie après 10,2 g de viande de poulet et deux patients, soit avec de l’urticaire ou des nausées, de la diarrhée, des vomissements et des douleurs abdominales, à 0,102 g et 34 g de viande de bœuf, respectivement.
– Conclusion :
- L’allergie à la viande semble être une allergie alimentaire assez rare en Europe centrale.
- La viande induit des symptômes allant du syndrome oral à de graves réactions anaphylactiques.
- Les outils diagnostiques de routine, c’est-à-dire, les tests cutanés et la détermination in vitro des IgE spécifiques ont une faible sensibilité parmi nos patients.
Envie de réagir?
Une étude qui soulèvent beaucoup d’interrogations.
quand à l’origine de la viande :
les animaux dont provient la viande utilisés pour les tests ont ils été soumis à des hormones de croissance (de synthése ou non) à des antibiotiques (en traitement systématique) ? le fourrage est il issue de mutagénése ou de trangénése (tourteaux de soja) ? a t-il subit des traitements phytosanitaires ? les animaux ont-ils été vaccinés ou soignés avec des produits pharmaceutiques contenant des molécules de synthése. les animaux mêmes ont-ils été inséminés artificiellement ?
Quand aux personnes soumises aux tests :
l’origine des personnes et leur habitudes alimentaire depuis l’enfance peut influer fortement sur les résultats des tests. Un asiatique supporte mal les ferments lactiques.
Les habitudes alimentaires sont directement liées aux espèces végétales et animales disponibles et connues. Schématiquement, trois grandes civilisations fondées sur des cultures alimentaires prédominent : la « civilisation du blé » en Europe, en Méditerranée et au Moyen-Orient, la « civilisation du riz » en Asie et celle du « maïs » en Amérique (Fernand Braudel). Ceci se conjugue avec les modes de production de protéines animales, ainsi qu’avec toute la variété offerte pas les animaux d’élevage, les ressources halieutiques et la chasse, elles aussi marquées culturellement.