Rhinite allergique saisonnière ou perannuelle : cette classification est-elle en accord avec la réalité ? : G. Ciprandi1, I. Cirillo2, A. Vizzaccaro2, M. Tosca3, G. Passalacqua4, E. Pallestrini1, G. W. Canonica4
1Head-Neck Department, S. Martino Hospital, Genoa ; 2Military Navy Hospital, La Spezia ; 3Giannina Gaslini Institute, Genoa ; 4Allergy & Respiratory Diseases, University of Genoa, Italy
dans Allergy 60 (7), 882-887
– Contexte :
- La rhinite allergique est traditionnellement subdivisée en saisonnière (SAR) et perannuelle (PAR), bien que de nouvelles définitions de persistante et d’intermittente aient été récemment proposées.
- Nous avons étudié la validité de la classification traditionnelle dans un groupe important de sujets souffrant de rhinite allergique isolée.
– Méthodes :
- On a sélectionné des jeunes gens convoqués à un hôpital militaire de la marine pour une visite de routine et qui rapportaient des symptômes de rhinite allergique isolée.
- Selon leur sensibilisation, on les a séparés en :
- (i) Sensibilisés aux pollens seulement (Saisonnière, SAR).
- (ii)Sensibilisés aux allergènes perannuels seulement (Perannuelle, PAR).
- (iii)Sensibilisés aux deux types d’allergènes (Mélangée, MAR).
- On a vérifié la spirométrie, un test à la métacholine ainsi que la sévérité et les caractéristiques des symptômes chez tous les participants.
– Résultats :
- Sur 19 325 sujets, 2347 avaient une rhinite allergique.
- Pour la répartition :
- 72% avaient une MAR,
- 17% une SAR
- 11% une PAR.
- Une participation oculaire et des symptômes irritatifs étaient plus fréquemment retrouvés dans le groupe SAR (p<0.01).
- L’obstruction prédominait dans le groupe PAR (p<0.01).
- Les manifestations nasales variaient selon la période de l’année pour les SAR (p<0.01) et pour les PAR (p<0.03).
- Une obstruction bronchique manifeste a été mise en évidence chez :
- 12% des PAR
- 7.8% des MAR
- 4.2% des SAR
- Le VEMS était significativement diminué pendant la saison seulement chez les SAR (p<0.05).
- Le DEM 25-75 était altéré chez :
- 22.5% des MAR
- 21% des PAR
- 14% des SAR
- Avec un changement saisonnier pour les SAR (p<0.05) et les PAR (p<0.001).
- L’hyperréactivité bronchique était présente chez :
- 82.2% des PAR
- 73.6% des MAR
- 53.5% des SAR
- Avec un changement saisonnier pour les SAR (p<0.001) et les MAR (p<0.05).
– Conclusions :
- Cette étude nous montre que près de 80% des rhinites allergiques sont des formes mixtes et que les définitions de SAR et de PAR sont faiblement corrélées à la réalité.
- La participation pulmonaire est fréquente chez des patients se plaignant uniquement de manifestations nasales.
Envie de réagir?