15 avril 2003 ·  · 10520 lectures

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La rhinite allergique est un facteur de risque d’hyper-réactivité bronchique. Si par-dessus le marché le patient fume, qu’advient-il de cette réponse des voies respiratoires ?

Effets de la fumée de cigarettes sur la réponse des voies respiratoires à l’adénosine 5 monophosphate chez des patients ayant une rhinite allergique. : Luis Prieto, PhD ; Valentina Gutiérrez, PhD ; Sonia Uixera, MD and J. Manuel Bertó, PhD * From the Sección de Alergología and Universidad de Valencia, Valencia, Spain. dans Chest. 2003 ;123:993-997

 L’objectif de l’étude a été de déterminer les différences dans la réponse des voies respiratoires à l’adénosine monophosphate (AMP) entre des fumeurs et des non fumeurs ayant une rhinite allergique.

 Méthodologie : Un total de 41 adultes ayant une rhinite allergique (16 fumeurs et 25 non fumeurs) a eu un test de provocation avec des concentrations croissantes de méta choline et d’AMP. Le débit bronchique a été évalué après chaque concentration, et la réponse à chaque agent broncho constricteur a été évaluée par la concentration qui a entraîné une diminution de 20% du VEMS.

 Résultats :
* La moyenne géométrique des valeurs d’AMP entraînant une chute de 20% du VEMS est significativement plus basse chez les fumeurs que chez les non fumeurs : 72.4 mg/ml (IC 95% : 33.9-154.9) versus 204.2 mg/ml (IC 95% : 120.2-346.7) ; p=0.0021).
* La proportion de patients ayant une réponse broncho constrictrice avec l’AMP est plus importante chez les fumeurs (12 sur 16 patients) que chez les non fumeurs (7 sur 25 patients)(p=0.005).

 Conclusions  : Les auteurs concluent que les fumeurs avec une rhinite allergique ont une plus grande sensibilité à l’AMP que les non fumeurs.


Le mot de l'allergo

Les auteurs démontrent que parmi les patients ayant une rhinite allergique, les fumeurs ont un seuil de PD20% abaissé par rapport aux non fumeurs, avec un seuil de déclenchement de la broncho constriction pour des concentration plus basses d’AMP que les non fumeurs.

Ce travail confirme donc que le patient ayant une rhinite allergique et qui fume à une hyper réactivité bronchique plus importante que le non fumeur.

La cigarette est donc un facteur de risque supplémentaire de faire de l’asthme en dehors du risque propre lié à la rhinite allergique.

Il est donc indispensable d’obtenir l’arrêt du tabac chez ces patients qui ont par ailleurs une aggravation de manifestations inflammatoires de la muqueuse nasale par la fumée de cigarette.

Par ailleurs, lors de la réalisation des tests d’hyper réactivité bronchiques il faut se méfier du patient allergique et fumeur qui en raison de ce seuil abaissé va réagir à des doses très inférieures par rapport au non fumeur et peut donc déclencher une crise d’asthme pour une valeur basse d’AMP.

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