L’immunothérapie spécifique a un effet préventif a long terme sur l’asthme saisonnier ou perannuel : suivi sur 10 années dans le cadre de l’étude PAT. : L. Jacobsen, B. Niggemann, S. Dreborg, H. A. Ferdousi, S. Halken, A. Høst, A. Koivikko, L. A. Norberg, E. Valovirta, U. Wahn, C. Möller, (The PAT investigator group)
1ALK-Abelló, Hørsholm, Denmark ; 2Department of Pediatric Pneumology and Immunology, Charité, Berlin, Germany ; 3Department of Pediatrics, University Hospital of Oslo, Oslo, Norway ; 4Department of Pediatrics, University of Linköping, Linköping, Sweden ; 5Department of Pediatrics, Hospital of Sønderborg, Sønderborg, Denmark ; 6Department of Pediatrics, University Hospital of Odense, Odense, Denmark ; 7Turku Allergy Centre, Turku, Finland ; 8Department of Pediatrics, Umeå University, Umeå, Sweden
dans Allergy
Volume 62 Issue 8 Page 943-948, August 2007
– Contexte
- 3 années d’immunothérapie spécifique par voie sous cutanée chez l’enfant souffrant de rhino conjonctivite saisonnière réduit le risque de développer un asthme pendant le traitement
- et les 2 années qui suivent son interruption (suivi portant sur 5 ans) indiquent un effet préventif à long terme de la désensibilisation.
– Objectifs
- Nous avons évalué l’efficacité clinique à long terme et l’effet préventif sur le développement de l’asthme pendant les 7 ans qui succèdent à l’immunothérapie spécifique.
– Méthodes
- 147 sujets, agés de 16 à 25 ans, souffrant d’allergie aux pollens de graminées ou de bouleau étaient suivis 10 ans après l’initiation d’une immunothérapie spécifique de 3 ans par voie injectable à l’aide d’extraits allergéniques standardisés de graminées ou de bouleau et comparés avec des sujets non désensibilisés.
- Des tests de provocation conjonctivaux furent réalisés en dehors de la saison, et des tests de provocations bronchiques à la métacholine eurent lieu pendant la saison pollinique et en hiver.
- L’asthme était évalué suivant des critères cliniques.
– Résultats
- L’amélioration significative de la rhinoconjonctivite et de la conjonctivite persiste lors des 10 années du suivi.
- Les personnes traitées moins activement ont développé de manière significative plus souvent de l’asthme lors des 10 années du suivi, d’après les symptômes cliniques (odds ratio 2,5(1,1 à 5,9).
- Les patients qui développent un asthme sont au nombre de 24 sur 53 pour les sujets témoins et de 16 sur 64 dans le groupe désensibilisé.
- L’étude longitudinale ajustée concernant l’efficacité du traitement était statistiquement significative ( p = 0,0075) pour l’hyperréactivité bronchique et l’asthme, l’étude portait sur l’ensemble des observations à 3 ans, 5 ans et 10 ans, la population étudiée à l’origine avec ou sans asthme était de 189, soit 511 observations
- L’odd ratio pour les non asthmatiques était de 4,6, 95% de l’intervalle de confiance (1,5-13,7) en faveur de l’immunothérapie spécifique.
– Conclusion
- Une immunothérapie spécifique conduite pendant 3 ans à l’aide d’extraits allergéniques standardisés a montré un effet clinique positif à long terme et un effet préventif potentiel sur l’apparition de l’asthme chez l’enfant souffrant de rhino conjonctivite allergique, pour une durée allant jusque 7 ans après le traitement.
– Implication clinique :
- L’immunothérapie spécifique garde un effet clinique positif à long terme et prévient l’apparition de l’asthme chez l’enfant affecté par une rhinoconjonctivite, et ceci jusque 7 ans après la fin du traitement.
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