L’anaphylaxie sévère induite par les médicaments : analyse de 333 cas enregistrés par le réseau d’Allergo-Vigilance de 2002 à 2010. : Renaudin J-M, Beaudouin E, Ponvert C, Demoly P, Moneret-Vautrin D-A. Severe drug-induced anaphylaxis : analysis of 333 cases recorded by the Allergy Vigilance Network from 2002 to 2010.
dans Allergy 2013 ; 68 : 929–937.
– Introduction :
- Peu de cas bien documentés d’anaphylaxies sévères induites par les médicaments (SDA) sont disponibles.
– Matériel et Méthode :
- Les cas recueillis par le réseau d’Allergo-vigilance de 2002 à 2010 ont été analysés en prenant en compte les signes cliniques, les médicaments suspects, l’efficacité de l’approche diagnostique par étapes, reposant sur l’utilisation des tests cutanés, les résultats de tests biologiques et des tests de provocation par voie orale.
– Résultats :
- 333 cas concernent 300 adultes (90.1%) et 33 enfants (9.9%) :
- 206 femmes (61.9%)
- et 127 hommes (38.1%).
- L’âge moyen est de 42.7 +/- 18 ans.
- Il a été enregistré : des chocs anaphylactiques (76.6%), des réactions systémiques sévères (10.5%), des oedèmes laryngés aigus (9%), des bronchospasmes sévères (2.1%) et enfin 6 décès (1.8%).
- Il y a eu 270 cas (81.1%) d’anaphylaxie ambulatoire, et 63 cas (18.9%) sont survenus au cours d’une anesthésie.
– L’hospitalisation a été nécessaire dans 94.8% des cas :- 23.7% des patients ont été admis en unité de soins intensifs.
- L’épinéphrine a été utilisée dans 57.9% des cas.
- 84 médicaments ont été impliqués :
- antibiotiques (49.6%),
- myorelaxants,
- latex et produits anesthésiques (15%),
- AINS (10.2%)
- immunothérapie et vaccins (3.9%)
- et autres médicaments (13%).
- Parmi les antibiotiques, l’amoxicilline (97 cas), les autres pénicillines (4 cas), les céphalosporines (41 cas), les quinolones (15 cas) et la pristinamycine (7cas) sont les plus rencontrés.
- Le diagnostic d’hypersensibilité médicamenteuse est réalisé par de tests cutanés dans 72.9% des cas, des test de biologie seulement dans 2.4% des cas et par un test de provocation par voir orale seulement dans 3.9% des cas.
– Conclusions :
- Ces 333 cas fournissent des informations sur les médicaments impliqués dans les anaphylaxies sévères.
- L’efficacité des tests cutanés et la faible utilisation des tests biologiques sont mises en évidence.
- La poursuite des progrès dépend des tests par voie orale.
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