Prédire la réponse aux stéroïdes chez les patients asthmatiques en utilisant le profil respiratoire exhalé. : M. P. van der Schee1,*, R. Palmay2, J. O. Cowan2, D. R. Taylor2
dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 43, Issue 11, pages 1217–1225, November 2013
– Contexte :
- L’air exhalé contient des composés organiques volatiles (COV) dépendant de chaque maladie, qui peuvent servir de biomarqueurs pour distinguer les phénotypes cliniques d’asthme
- Leur mesure peut être particulièrement intéressante en ce qui concerne la réponse au traitement.
– Objectif :
- Comparer la performance de l’analyse de l’air par le nez électronique (eNez) avec les techniques antérieurement disponibles (éosinophiles dans les expectorations, fraction exhalée de l’oxyde nitrique : FeNO, et hyperréactivité bronchique : HRB) pour distinguer l’asthme des sujets contrôles et identifier la réponse aux corticostéroïdes chez des patients exempts de corticoïdes.
– Méthodes :
- 25 patients ayant un asthme léger à modéré ont eu leur traitement corticoïde inhalé interrompu jusqu’à la perte de contrôle de la maladie ou jusqu’à 28 jours
- Ils ont ensuite été traités par de la prednisone orale à la dose de 30 mg/jour pendant 14 jours
- La réponse aux corticoïdes était définie soit par l’augmentation de plus de 12% du VEMS, soit par l’augmentation d’au moins 2 doses de la quantité d’AMP entraînant une chute de 20% du VEMS (PC20)
- La mesure en l’absence de corticoïdes des éosinophiles dans l’expectoration, de la FeNO et des COV dans l’air exhalé était utilisée pour construire des algorithmes de prédiction de la réponse aux corticoïdes
- Les caractéristiques de performance étaient comparées par des courbes ROC.
– Résultats :
- La eNez permettait de distinguer les asthmatiques des contrôles (aire sous la courbe =0.766 ± 0.14 ; p=0.002) avec la même efficacité que le FeNO (0.862 ± 0.12 ; p<0.001) et le compte des éosinophiles dans l’expectoration (0.814 ± 0.15 ;p<0.001)
- La réponse aux corticoïdes était mieux prédite par l’analyse des COV (AUC= 0.883 ± 0.16 ;p<0.008) que par le FeNO (0.545 ± 0.28 ;p=0.751) ou le compte des éosinophiles (0.610 ± 0.29 ;p=0.441).
– Conclusions et relevance clinique :
- L’analyse de l’air par le eNez peut identifier les patients asthmatiques et être utilisé pour prédire leur réponse aux corticoïdes avec une plus grande efficacité que les éosinophiles dans l’expectoration ou le FeNO
- Ceci implique un rôle potentiel de l’analyse de l’air dans la surveillance thérapeutique des patients asthmatiques.
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