L’exposition dans l’enfance aux hydrocarbures polycycliques aromatiques présents dans l’air ambiant est liée à des modifications épigénétiques et une altération des cellules T immunitaires. : K. M. Hew, A. I. Walker, A. Kohli, M. Garcia, A. Syed, C. McDonald-Hyman, E. M. Noth, J. K. Mann, B. Pratt, J. Balmes, S. Katharine Hammond, E. A. Eisen and K. C. Nadeau,
dans Clinical & Experimental Allergy, 2015 (45) 238–248.
– Introduction :
- Des preuves suggèrent que l’exposition aux hydrocarbures polycycliques aromatiques (PAHs) augmente l’atopie.
- Mais on ne sait pas comment l’exposition aux PAHs est liée à l’augmentation de la sévérité de l’atopie.
– Objectif de l’étude :
- Les auteurs ont fait l’hypothèse que l’exposition aux PAHs ambiants est liée à une altération de l’immunité chez les enfants atopiques (définis comme des enfants avec de l’asthme et/ou une rhinite allergique) de la ville de Fesno, Californie, une zone avec des PAHs ambiants élevés.
– Matériel et Méthode :
- Il a été recruté 356 patients de Fesno, CA.
- Les concentrations ambiantes de PAHs (ne/m3) ont été mesurées selon un modèle de régression logistique sur de nombreuses périodes.
- Le diagnostic d’asthme a été déterminé selon les critères NHLBI.
- Les phénotypes et les mesures fonctionnelles immunes ont été réalisés sur des cellules isolées.
- Pour l’étude épigénétique, le DNA a été isolé et séquencé.
– Résultats :
- Il est observé qu’une exposition à un taux élevé de PAH est :
- significativement associée à une altération des fonction T régulatrices,
- et à une augmentation de la méthylation du locus de la FOXP3 (p>0.05), qui conditionne le statut atopique.
- Ces modifications épigénétiques sont significativement liées à des expressions protéiques différentes de FOXP3 (p<0.001).
- La méthylation est associée à des modifications fonctionnelles cellulaires, en particulier à une dysfonction des T reg, et une augmentation des taux plasmatiques des IgE totales.
- L’expression protéique d’IL10 diminue, et celle de l’INF-γ augmente en fonction de la durée de l’exposition aux PAHs.
- La force de l’association généralement augmente avec l’augmentation de la durée de la fenêtre d’exposition aux PAHS, de 24h à 1 an, suggérant plutôt une réponse chronique.
- Des associations significatives avec l’exposition chronique aux PAH et le devenir immunologique sont également observés chez les patients ayant une rhinite allergique.
– Conclusion :
- Globalement, ces résultats démontrent que l’exposition aux PAH ambiants est associée à une altération du système immunitaire et à des modifications épigénétiques au niveau d’un locus clé impliqué dans l’atopie : FOXP3, avec un impact plus important chez les enfants atopiques.
- Les résultats suggèrent que l’augmentation des symptômes cliniques de l’atopie chez les enfants est liée à l’augmentation de l’exposition aux PAH dans la pollution de l’air ambiant.
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