Infestation par un ver et association négative avec eczéma (atopique/non atopique) et sensibilisation allergique : T. Schäfer1, T. Meyer1, J. Ring2,3, H.-E. Wichmann4,5, J. Heinrich4
1Institute of Social Medicine, Medical University Lübeck, Lübeck, Germany ; 2Department of Dermatology and Allergy, am Biederstein, Technical University Munich (TUM), Munich, Germany ; 3Division Environmental Dermatology and Allergology GSF/TUM ; 4GSF National Research Center for Environment and Health, Institute of Epidemiology, Neuherberg, Germany ; 5Chair of Epidemiology, Institute of Medical Data Processing, Biometrics, and Epidemiology, Ludwig-Maximilians-University Munich, Munich, Germany
dans Allergy 60 (8), 1014-1020.
– Contexte :
- Les infestations par des vers peuvent jouer un rôle dans la prévention des allergies.
- On manque d’information épidémiologique sur l’association entre infestation par un ver et eczéma dans les pays occidentaux.
– Objectifs :
- Explorer l’association entre infestation par un ver et eczéma dans une séquence temporelle adéquate et en considérant la sensibilisation allergique.
– Méthodes :
- Deux études ont été menées chez des écoliers d’Allemagne de l’Est.
- Les données recueillies par l’intermédiaire de questionnaires concernaient l’histoire de l’eczéma et de l’infestation par le ver ainsi que leur période de survenue.
- Des dosages d’IgE spécifiques de cinq aéroallergènes communs ont été pratiqués. On les a utilisés pour différencier l’eczéma atopique de l’eczéma non-atopique.
- Des analyses de régression logistique ont été menées pour contrôler les facteurs confondants pertinents (âge, sexe, éducation scolaire parentale et antécédents familiaux d’allergie).
- Afin de confirmer les résultats, une analyse de régression conditionnelle a été appliquée sur les cas et sur les contrôles appariés par âge et sexe.
– Résultats :
- Un total de 4169 enfants, âgés en moyenne de 9,2 ans (47% de filles) a participé (75 et 76% de réponses).
- Un total de 17,0% a rapporté une infestation première par un ver (44% d’ascaridiose et 33% d’oxyurose) et 18,1% avait un antécédent d’eczéma.
- L’eczéma survenait significativement moins fréquemment chez les enfants qui avaient eu une infestation par un ver (avant l’apparition de l’eczéma) comparativement aux enfants sans cet antécédent (8,1% vs 16,5%, OR ajusté : 0.45 IC 95% : 0.33-0.60).
- Ce résultat a été confirmé par l’analyse contrôle du cas apparié correspondant (OR ajusté : 0.57, IC 95% : 0.41-0.79).
- L’infestation antérieure par un ver affectait davantage l’eczéma atopique (OR ajusté : 0.31, IC 95% : 0.18-0.56) que l’eczéma non atopique (OR ajusté : 0.58, IC 95% : 0.40-0.84).
- Un total de 29,1% avait des IgE spécifiques pour au moins un aéroallergène.
- Les enfants sensibilisés avaient moins souvent un antécédent d’infestation par un ver (14,2% vs 18,3%, OR ajusté : 0.74 IC 95% : 0.60-0.92).
- Les analyses stratifiées ont montré que cet effet était plus important pour la sensibilisation aux acariens de poussière de maison.
– Conclusions :
- L’infestation par un ver est associée avec une fréquence réduite de survenue ultérieure d’un eczéma, particulièrement de type atopique.
- De plus, la sensibilisation, tout particulièrement aux acariens de poussière de maison, et l’infestation par un ver sont associés négativement.
- Ces résultats renforcent le concept de la contribution d’un défaut de stimulation immunologique par des infections parasitaires au développement des allergies.
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