26 novembre 2007 ·  · 2856 lectures

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Dans la jungle complexe des allergies médicamenteuses où peu de démarches diagnostiques ont été validées, l’exploration des allergies aux myorelaxants est maintenant bien codifiée et validée. Il s’agit d’un progrès évident car si les allergies aux curares sont rares, elles sont souvent sévères et parfois même mortelles.

L’exposition à la Pholcodine augmente les IgE sériques chez les patients présentant des antécédents d’anaphylaxie aux agents bloquants neuro-musculaires. : T. Harboe, S. G. O. Johansson, E. Florvaag, H. Öman .

1Department of Anaesthesia and Intensive Care, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway ; 2Department of Clinical Immunology, Karolinska University Hospital, Stockholm, Sweden ; 3Laboratory of Clinical Biochemistry and Section for Clinical Allergology, Department of Occupational Medicine, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway ; 4Institute of Internal Medicine, University of Bergen, Bergen, Norway ; 5MIAB, Uppsala, Sweden

dans Volume 62 Issue 12 Page 1445-1450, December 2007

 Contexte :

  • Les agents bloquants neuro-musculaires (NMBAs) peuvent être à l’origine d’anaphylaxie par l’intermédiaire des anticorps IgE se liant avec des épitopes de l’ion ammonium quaternaire.
  • Ces épitopes sont présents dans de nombreux produits chimiques et médicaments. L’exposition à ces produits pourrait avoir, en théorie, une certaine importance dans le développement et la persistance d’une IgE-sensibilisation à l’origine de réactions allergiques.
  • c’est le cas de la Pholcodine dont une étude pilote récente a montré qu’elle avait induit une augmentation remarquable des niveaux d’IgE chez deux personnes sensibilisées.
  • la présente étude explore les effets d’exposition à la Pholcodine sur les IgE dans une population avec un diagnostic préalable d’anaphylaxie IgE médiée envers les NMBAs.

 Méthodes :

  • 17 patients ont été randomisés quant à une exposition d’une semaine à des sirops anti-tussifs contenant soit de la Pholcodine soit de la guaifenesine.
  • les principales variations d’IgE sériques et les anticorps IgE contre la Pholcodine, la morphine et le suxamethonium ont été mesurées avant l’exposition et quatre et huit semaines après le début de celle-ci.

 Résultats :

  • les patients exposés à la Pholcodine ont eu une forte augmentation des niveaux d’anticorps IgE contre la Pholcodine, contre la morphine et le suxamethonium, la médiane proportionnelle des augmentations, quatre semaines après l’exposition, atteignant respectivement 39, 38.6 et 93 fois les niveaux de base.
  • la médiane proportionnelle d’augmentation des IgE a été de 19.
  • aucun changement n’a été observé dans le groupe guaifenesine.

 Conclusion :

  • les niveaux d’IgE sérique associée à l’allergie aux NMBAs augmentent de façon significative chez des patients sensibilisés après exposition aux sirops contre la toux contenant de la Pholcodine.
  • la mise à disposition de Pholcodine devrait être restreinte par les autorités médicales en raison du risque potentiel de réactions allergiques futures aux myorelaxants.

Le mot de l'allergo

L’exposition à la pholcodine modifie de façon significative les IgE dirigées contre les myorelaxants et peut donc augmenter le risque ultérieur de réaction allergique aux curares.

La fréquence des réactions anaphylactiques aux curares est de 1/6500.

La symptomatologie de ces accidents allergiques peut comporter des signes cutanés (71%), des signes cardio-vasculaires (76%) et un bronchospasme (44%).

Il faut noter la fréquence importante des réactions liées à une histaminolibération non spécifique (40%) par rapport aux réactions IgE médiées (60%).

L’exploration de ces réactions comprend les données cliniques et des explorations paracliniques (Histamine, Tryptase et tests cutanés) impliquant une collaboration de qualité entre l’allergologue et l’anesthésiste.

Ce bilan comporte notamment des tests cutanés vis à vis de plusieurs curares, à la recherche de réactivités croisées.

Les facteurs de risque de survenue d’une telle allergie commencent à être mieux connus :

  • Atopie
  • Sexe
  • Exposition antérieure aux myorelaxants
  • Présence d’une sensibilisation aux myorelaxants
  • Nature de la molécule de myorelaxant
  • Association à d’autres produits

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