11 février 2003 ·  · 4467 lectures

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Les réactions aux AINS posent des problèmes aux médecins et aux patients : d’ailleurs on ne sait jamais s’il faut dire intolérance aux AINS ou allergie aux AINS. Alors, y a-t-il ou non des cas liées à l’existence d’IgE spécifiques aux AINS ?

9 observations d’anaphylaxie induite par l’aspirine, et suspectes d’un mécanisme à IgE. : Jean Sainte-Laudy & Colette Vallon dans Allergy & Clinical Immunology International

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et particulièrement l’acide acétyl salicylique (ASA) sont connus pour pouvoir induire des effets indésirables respiratoires et cutanés qui peuvent être sévères et mettre en danger la vie du patient.

Les auteurs présentent 9 cas de réactions aux AINS pour lesquels un mécanisme à IgE a été suspecté sur les bases de l’histoire clinique, sur les tests cutanés, les tests biologiques comprenant la mesure des IgE spécifiques et une mesure de l’activation des basophiles par les AINS en cytomètrie de flux.

L’observation de tests cutanés positifs, d’IgE spécifiques aux AINS, et d’un test aux basophiles concordants a conduit les auteurs à faire l’hypothèse qu’un mécanisme à IgE, à coté de l’inhibition des Cox, peut exister à une fréquence qui doit encore être précisée.


Le mot de l'allergo

Les auteurs rapportent la possibilité d’un mécanisme allergique à IgE dans les réactions indésirables aux AINS au travers de 9 observations documentées par une histoire clinique, des tests cutanés, un dosage d’IgE spécifiques aux AINS, et un test CAST.

Ainsi, ces auteurs confirment une impression clinique éprouvée par de nombreux allergologues face à des accidents liés aux AINS : il existe bien un mécanisme à IgE à coté de l’action physiologique des AINS qui bloquent des enzymes dont les Cox.

Le problème soulevé par ces observations est celui de l’allergologie en général : lorsqu’on dit qu’il n’y a pas d’allergie, est-ce vraiment parce qu’il n’y a pas d’IgE spécifique, ou est-ce parce qu’on ne sait pas encore mettre en évidence ces IgE spécifiques ?

Par ailleurs on voit que le test de provocation, s’il est considéré comme le Gold standard pour affirmer la responsabilité d’une molécule donnée, il ne peut en aucun cas laisser préjuger du mécanisme en cause.

Il n’y a donc pas de dualité entre test de provocation et test biologique, mais une complémentarité dans la recherche du mécanisme, avec un avantage pour le test biologique dynamique comme le CAST qui, à la fois, montre la responsabilité d’une molécule, mais également le mécanisme en cause.

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