Comment l’inflammation des voies aériennes module-t-elle l’obstruction bronchique dans l’asthme ? Etude de provocation allergénique. : Henderson AC, Ingenito EP, Atileh H, Israel E, Suki B, Lutchen KR. Department of Biomedical Engineering, Boston University, Boston, MA, USA dans J Appl Physiol 2003 Apr 18
– Contexte. Au cours de la phase tardive (PT) de la réponse bronchique à un allergène inhalé, des médiateurs neutrophiliques et éosinophiles sont libérés dans les voies aériennes, ressemblant à ce que l’on voit dans les attaques d’asthme.
– Méthode.
* Les auteurs ont comparé la distribution de l’obstruction et le degré de réversibilité suivant une inspiration profonde (IP) au cours de la phase précoce (PP) et de la PT, chez 9 asthmatiques, au cours d’une provocation allergènique.
* L’hétérogénéité de l’obstruction était déterminée par la mesure fréquence-dépendante de la résistance et de l’élastance dynamiques du poumon, du calibre des voies aériennes en fonction des résistances au cours d’une inspiration profonde, et de l’inflammation des voies aériennes par la mesure des cellules inflammatoires dans l’expectoration induite après le test de provocation.
– Résultats.
* Malgré le peu d’éosinophiles dans l’expectoration à l’état basal (moins de 1% des cellules non squameuses), les asthmatiques avaient une réponse substantielle pendant la PP avec une obstruction très hétérogène et une diminution de la capacité maximale à dilater les voies aériennes.
* La PT était associée à une inflammation substantielle des voies aériennes chez tous les sujets.
* Cependant, 5 avaient seulement une obstruction légère au cours de la PT alors que 4 avaient une obstruction plus marquée caractérisée par une hétérogénéité semblable à la PP.
* L’obstruction bronchique au cours de la phase tardive était totalement réversible par un broncho-dilatateur.
– Discussion. Ces résultats, associés à l’ anomalie de la réponse bronchodilatatrice pendant l’inspiration profonde, témoignent d’une anomalie physiologique dans l’asthme au niveau du muscle lisse et d’une inflammation des voies aériennes associée à un type d’obstruction bronchique qui est loin d’être uniforme.
– Conclusion. Ces données supportent l’hypothèse que la variation de réactivité chez les asthmatiques provient de différences intrinsèques dans la réponse du muscle lisse à l’inflammation.
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