L’anaphylaxie au rognon de porc est liée à des IgE spécifiques de la galactose-alpha-1,3-galactose. : M. Morisset1,6,*, C. Richard2, C. Astier3, S. Jacquenet2, A. Croizier1, E. Beaudouin5, V. Cordebar1, F. Morel-Codreanu6, N. Petit1,4, D. A. Moneret-Vautrin1,5, G. Kanny1
dans Allergy Volume 67, Issue 5, pages 699–704, May 2012
– Contexte :
- Des IgE spécifiques des glucides présents sur les protéines de mammifères non primates ont été incriminées récemment dans l’anaphylaxie retardée à la viande.
– Objectif :
- Le but de cette étude était d’explorer si l’anaphylaxie au rein de mammifères est associée à des IgE spécifiques de la galactose-α-1,3-galactose (αGal).
– Méthodes :
- Quatorze patients atteints d’anaphylaxie au rognon de porc ou de bœuf ont subi des tests cutanés à la viande et au rognon.
- Certains patients ont également subi des tests cutanés avec l’Erbitux ® (cetuximab).
- Les IgE spécifiques d’ αGal, des protéines urinaires porcines, de la viande de bœuf et de porc, des albumines sériques, du chat et de rFel d 1 ont été mesurées par ImmunoCAP ®.
- Les taux d’αGal ont été estimés au sein des viandes et des rognons au moyen d’un test d’inhibition ELISA.
- La réactivité croisée entre le rognon de porc et l’αGal a été étudiée à l’aide du test d’inhibition de l’ImmunoCAP ®.
– résultats :
- Parmi les 14 patients, douze avaient présenté un choc anaphylactique.
- Les réactions ont eu lieu dans les 2 h après l’exposition chez 67% des patients.
- Des facteurs de risque associés ont été observés dans 10 cas, l’alcool était le principal cofacteur.
- Trois patients ont subi une provocation orale au rognon de porc, l’anaphylaxie est survenue après l’ingestion de petites quantités (1 à 2 g).
- Les tests cutanés aux rognons étaient positifs chez 54% des patients.
- Tous les patients testés ont montré des tests cutanés positifs à Erbitux ®.
- Tous les patients ont été testés positifs pour les IgE à αGal avec des taux allant de 0,4 à 294 kU/l.
- La liaison des IgE à l’αGal était inhibée par l’extrait de rognon de porc cru (moyenne, 77% ; variations des valeurs, 55-87%) qui montrait une grande quantité de déterminants αGal.
– Conclusions :
- L’anaphylaxie aux rognons de porc ou de bœuf est liée aux IgE spécifiques d’αGal.
- Sa sévérité particulière pourrait être due à une teneur élevée en épitopes αGal dans les rognons.
Envie de réagir?