Méthodes pour l’identification des allergènes chimiques respiratoires chez les rongeurs : comparaison du profil des cytokines avec les modifications induites des IgE sériques. : Dearman RJ, Skinner RA, Humphreys NE, Kimber I. Syngenta Central Toxicology Laboratory, Alderley Park, Macclesfield, Cheshire SK10 4TJ, UK. rebecca.dearman@syngenta.com dans J Appl Toxicol. 2003 Jul-Aug ;23(4):199-207
Aucune méthode validée ou largement reconnue n’est actuellement disponible pour l’identification prospective des produits chimiques ayant un risque potentiel pour les voies respiratoires.
Les mécanismes cellulaires et moléculaires qui résultent de l’induction d’une sensibilisation chimique de l’appareil respiratoire sont peu clairs, bien qu’il y ait des arguments pour un développement sélectif d’une réponse de type TH2, avec dans certains cas la production d’IgE spécifiques.
– Objectif de l’étude :
* Les auteurs ont étudié l’intérêt de 2 méthodes : étude du profil cytokinique utilisant des souris BALB/c, et de façon concomitante, étude de l’augmentation du taux des IgE sériques totales chez les rats Brown Norway, ceci pour identifier de façon prospective les allergènes chimiques respiratoires.
– Méthodologie : Les réponses provoquées par l’allergène respiratoire de référence, le trimellic anhydride (TMA) ont été comparées avec celles provoquées par les sensibilisants respiratoires suivants : diisocyanate toluene diisocyanate (TDI), hexamethylene diisocyanate (HDI) et l’acide anhydride hexahydrophtalic anhydre (HHPA).
– Résultats :
* Les expositions cutanées locales des rats BN à TMA, TDI et HHPA ont chacune entraîné une activation immune marquée (augmentation de la cellularité des ganglions lymphatiques et de leur prolifération).
* Cependant, seul le traitement avec le TMA entraîne une stimulation vigoureuse de la concentration des IgE sériques totales.
* Par contraste, l’exposition à HHPA, TDI ou HDI ne provoquent pas de modification significative de la concentration des IgE, ou induit de façon transitoire seulement et de façon modérée une augmentation des IgE sériques.
* De façon parallèle à ce travail utilisant des souris BALB/c, l’application topique des 4 allergènes chimiques respiratoires entraîne un profil de sécrétion cytokinique marqué de type TH2 par les lymphocytes des ganglions de drainage.
– Conclusions :
* Ces données suggèrent que la mesure des modifications du taux des IgE sériques n’est pas suffisamment sensible pour identifier de façon certaine les allergènes chimiques respiratoires.
* Par ailleurs, indépendamment des variations de la production des IgE induites par le TMA chez les rats BN, des doutes persistent sur l’intérêt de ce modèle animal pour caractériser les réponses immunologiques aux allergènes chimiques.
* Le profil cytokinique utilisant des souris BALB/c semble être une meilleure méthode pour l’évaluation des allergènes chimiques respiratoires.
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