Avoir un animal ou pas : telle est toujours la question…

jeudi 9 septembre 2010 par Dr Geneviève DEMONET578 visites

Accueil du site > Maladies > Atopie > Avoir un animal ou pas : telle est toujours la question…

Avoir un animal ou pas : telle est toujours la question…

Avoir un animal ou pas : telle est toujours la question…

jeudi 9 septembre 2010, par Dr Geneviève DEMONET

Exposition aux animaux domestiques au domicile et résultats des IgE totales et de la sensibilisation à l’âge de 18 ans : Ganesa Wegienka, PhD
* Department of Biostatistics and Research Epidemiology, Henry Ford Hospital, Detroit, Mich, Christine Cole Johnson, PhD* Department of Biostatistics and Research Epidemiology, Henry Ford Hospital, Detroit, Mich , Suzanne Havstad, MA* Department of Biostatistics and Research Epidemiology, Henry Ford Hospital, Detroit, Mich , Dennis R. Ownby, MD * Medical College of Georgia, Augusta, Ga , Edward M. Zoratti, MD

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology
Volume 126, Issue 2 , Pages 274-279.e5, August 2010

- Contexte :

  • On a montré qu’une exposition précoce aux animaux domestiques était protectrice vis-à-vis de la sensibilisation allergique dans l’enfance.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à évaluer l’association entre l’exposition précoce aux animaux domestiques et la sensibilisation à l’âge de 18 ans.

- Méthodes :

  • Des adolescents ayant été enrôlés dans l’étude de cohorte de naissance sur l’Etude de l’Allergie dans l’Enfance à Détroit en 1987-1989 ont été contactés à l’âge de 18 ans.
  • Les taux d’IgE totales, d’IgE spécifiques de 7 allergènes communs (acarien de poussière, chat, chien, ambrosia, pollen de phléole, Alternaria species et arachide) ont été mesurés à l’âge de 18 ans ; l’atopie a été définie par la présence d’un taux quelconque d’IgE ≥ 0.35 kU/L.
  • Les résultats des entretiens annuels menés depuis l’enfance ont été utilisés pour déterminer l’exposition précoce au chat ou au chien à l’intérieur du domicile (présence de celui-ci au moins 50% du temps dans la maison).
  • L’exposition a été différenciée selon différents critères : première année, durée cumulée dans la vie, groupes d’âge mais aussi nombre d’animaux de compagnie.

- Résultats :

  • L’exposition au chat ou au chien dans la première année de vie n’a pas été associée à l’atopie (risque relatif, 0.97 ; IC 95% CI, 0.83-1.12).
  • Ceux qui ont vécu avec des animaux de compagnie dans la première année de vie et qui étaient atopiques à 18 ans avaient des taux d’IgE totales plus bas.
  • Ni l’exposition cumulée, ni l’exposition à un âge particulier n’ont été fortement et systématiquement associées avec un résultat quelconque.
  • Quoique non statistiquement significative, il y avait une tendance à la baisse du risque de sensibilisation parmi ceux qui avaient au moins 2 animaux domestiques par rapport à ceux n’en possédant pas dans la première année de vie.

- Conclusions :

  • Une exposition précoce aux animaux de compagnie peut être associée avec des taux abaissés d’IgE totales parmi les sujets atopiques mais n’est pas fortement associée à une décroissance de la probabilité d’une sensibilisation aux aéroallergènes communs à l’âge de 18 ans.

Avoir un animal de compagnie dans la petite enfance a été associé à une diminution du risque allergique. Cet effet persiste-t-il dans le temps ?

Une étude menée parmi une cohorte de naissance dans la région de Détroit tente de répondre à la question. Ce travail a recueilli des données sur 835 nourrissons nés entre 1987 et 1989. Les enfants ont été suivis annuellement jusqu’à l’âge de 6 ans puis 671 d’entre eux recontactés à l’âge de18 ans ont accepté de participer à ce travail.

La présence d’un animal au domicile avait été notée à chaque visite annuelle jusqu’à l’âge de 6 ans puis recherchée par l’interrogatoire des jeunes à 18 ans.

On a différentié l’exposition aux animaux domestiques selon la période concernée (première année de vie, de l’âge de 1 à 5 ans, de 6 à 12 ans, de 13 ans et au-delà), et le temps total d’exposition.

Le sexe, les antécédents parentaux d’allergie, le tabagisme passif et le rang de naissance ont été considérés comme facteurs confondants.

Un dosage d’IgE totales et spécifiques a été possible chez 565 adolescents.
Parmi eux, 44,4% avaient été exposés au chat ou au chien pendant la première année de vie.

La majorité des adolescents étaient atopiques. L’atopie était définie ici par la présence d’IgE spécifiques ≥ 0,35 kU/l pour au moins un des 7 allergènes testés : D far, chat, chien, alternaria, graminées, ambrosia, arachide.

La proportion d’atopiques était semblable dans les groupes d’adolescents avec ou sans exposition aux animaux domestiques dans la première année de vie (54.2% contre 56,1% ; P = 0.66, test Chi2 ; risque relatif, 0.97 ; IC 95%, 0.83-1.12).

L’exposition à plus d’un animal domestique dans la première année de vie faisait décroître la sensibilisation mais de manière non significative.

Le taux d’IgE totales était par contre plus bas chez les adolescents atopiques ayant été exposés aux animaux que chez les atopiques n’ayant pas été exposés.

Cet effet pourrait ne pas être négligeable car il a été récemment suggéré que le taux d’IgE totales serait associé à l’asthme chez l’atopique.

Ni la durée ni le moment de l’exposition aux animaux domestiques n’ont été solidement associés à l’existence d’une sensibilisation à l’âge de 18 ans.

En conclusion, l’effet protecteur sur le risque de sensibilisation de l’exposition aux animaux domestiques ne se poursuit pas au-delà de la petite enfance …