Catastrophe, les anciens avaient raison : l’ITS avec les poussières de maison c’était bien !!

mardi 10 avril 2012 par Dr Stéphane Guez743 visites

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Catastrophe, les anciens avaient raison : l’ITS avec les poussières de maison c’était bien !!

Catastrophe, les anciens avaient raison : l’ITS avec les poussières de maison c’était bien !!

mardi 10 avril 2012, par Dr Stéphane Guez

La bioactivité de la poussière de maison prédit la réactivité des tests cutanés en prick chez les enfants à haut risque d’allergie. : Haejin Kim, Kevin Tse, Linda Levin, David Bernstein, Tiina Reponen, Grace LeMasters, Zana Lummus, Anthony A. Horner

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - 02 March 2012 (10.1016/j.jaci.2012.01.051)

- Introduction :

  • Bien que de preuves suggèrent que l’exposition aux endotoxines et autres immunostimulants de l’environnement intérieur durant la petite enfance influence le risque allergique, les efforts pour comprendre les liens avec cet environnement ont été gênés par la rareté des analyses pertinentes.

- Objectif de l’étude :

  • Ces investigations ont déterminé :
    • si les paramètres de bioactivité des prélèvements de poussières de maison (HDE) sont prédictifs de la réactivité des prick-tests allergiques chez les enfants à haut risque d’allergie
    • qui participent à une grande étude épidémiologique à Cincinnati.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont conduit une étude cas-témoins portant :
    • sur 99 enfants de cette cohorte et qui ont des tests cutanés positifs à au moins un pneumallergène à l’âge de 3 ans,
    • et sur 101 enfants ayant des tests cutanés négatifs.
  • Les HDEs ont été étudiées à partir d’échantillons de poussières prélevés dans les habitats des enfants à l’âge de 1 an.
  • Des splénocytes murins et des cellules dendritiques dérivés de la moelle osseuse ont été incubés avec les HDEs et les concentrations en cytokines du surnageant ont été mesurées par des tests ELISA.
  • Alternativement, des cellules dendritiques dérivées de la moelle osseuse ont été pré-incubées avec HDEs et ensuite les réponses Il6 induites par le LPS ont été mesurées.
  • Les taux des endotoxines des HDEs ont été déterminés par un test de lyse des amébocytes.

- Résultats :

  • Les HDEs qui proviennent de l’habitat d’enfants ayant des résultats positifs (patients) et négatifs (témoins) en tests cutanés ont des résultats identiques en terme de bioactivité.
  • Cependant, lorsque les patients sont étudiés isolément, les HDEs ayant les taux les plus élevés en terme de bioactivité sont significativement associés aux enfants qui ont le nombre le plus bas de test cutanés positifs.
  • Les analyses statistiques analogues n’ont pas mis en évidence d’association entre les taux d’endotoxines des HDEs et le profil de sensibilisation aux pneumallergènes chez les enfants inclus dans cette étude.

- Conclusion :

  • L’activité immunostimulante des HDEs peut prédire le statut de sensibilisation aux pneumallergènes d’enfants à haut risque allergique suivis dans cette cohorte américaine, et cela de façon plus pertinente que le taux des endotoxines.
  • Ces résultats sont les premiers publiés qui font la preuve de l’intérêt de l’évaluation de la bioactivité des prélèvements de poussières de maison comme valeur prédictive du risque atopique.

Dans ce travail, les auteurs ont étudié la bioactivité et la teneur en endotoxines de prélèvements de poussières de maison d’habitats d’enfants suivis dans une cohorte.

Il existe un lien seulement avec la bioactivité. Un résultat positif est prédictif d’un plus faible nombre de tests cutanés aux pneumallergènes chez des enfants à risque.

Cette étude est très intéressante avec des implications importantes si ces résultats sont confirmés.

Sur le plan épidémiologique, on peut comprendre les résultats parfois contradictoires entre environnement et allergie, car finalement il semble que ce n’est pas le taux des endotoxines qui soit pertinent.

Cela peut également expliquer la faillite des études d’exposition aux endotoxines pour essayer de prévenir le développement de l’atopie.

Sur le plan immuno-allergique ce travail fait la preuve que la poussière de maison contient des molécules qui exercent une activité immunologique avec une bioactivité qui ne peut être mise en évidence que par des tests spécifiques.

Enfin sur le plan clinique, le débat est relancé avec les « anciens » sur l’intérêt de la poussière de maison par rapport aux extraits purs d’acariens : ce travail confirme qu’il y a dans les poussières de maison des molécules qui diminuent la réponse TH2 et favorise la réponse TH1.

Alors, l’ITS avec un mélange poussières acariens, c’était plus efficace ?