Les restrictions alimentaires chez l’enfant peuvent être un mal pour un bien supposé.

mardi 17 mars 2015 par Dr Philippe Carré305 visites

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Les restrictions alimentaires chez l’enfant peuvent être un mal pour un bien supposé.

Les restrictions alimentaires chez l’enfant peuvent être un mal pour un bien supposé.

mardi 17 mars 2015, par Dr Philippe Carré

Consommation alimentaire et risque d’asthme dans l’enfance. : Ahumada, V., García, E., Dennis, R., Rojas, M. X., Rondón, M. A., Pérez, A., Peñaranda, A., Barragán, A. M., Jimenez, S., Kennedy, M. W. and Caraballo, L. (2015),

IgE responses to Ascaris and mite tropomyosins are risk factors for asthma.

dans Clin Exp Allergy. Accepted Author Manuscript. doi:10.1111/cea.12513

- Contexte :

  • La consommation d’aliments riches en acides gras polyinsaturés n-3 a été proposée pour protéger vis à vis de l’asthme infantile
  • Cette étude explore l’association entre la consommation alimentaire (incluant un régime sans lait de vache) dans la vie précoce et le risque d’asthme atopique et non atopique.

- Méthodes :

  • Les ingesta alimentaires de 182 enfants asthmatiques et de 728 contrôles appariés ont été mesurés à partir de formulaires alimentaires remplis 3 fois par jour, à partir de l’étude finlandaise de cohorte de Nutrition-Prédiction et Prévention du Diabète de Type 1 ( PPDT)
  • Les diagnostics d’allergie alimentaire provenaient à la fois de questionnaires écrits et des registres de l’Assurance Sociale
  • Des analyses de régression logistique conditionnelle avec équations d’estimation généralisées ont été utilisées dans cette étude.

- Résultats :

  • Le diagnostic d’allergie au lait de vache (ALV) conduisait à des restrictions diététiques multiples toujours évidentes à l’âge de 4 ans
  • Même après ajustement pour l’ALV, une plus grande consommation de lait de vache était inversement associée au risque d’asthme atopique, et une plus grande absorption de lait maternel était inversement associée au risque d’asthme non atopique
  • Une consommation précoce de poisson était associée à une diminution du risque de tous les types d’asthme.

- Conclusions :

  • L’absorption alimentaire au début de la vie combinée à une histoire d’atopie a un impact clair sur le risque de développer de l’asthme
  • Les résultats indiquent que la restriction en lait de vache liée à une ALV augmente significativement et sert de médiateur à l’association entre la consommation alimentaire et le risque d’asthme infantile.

Dans cette étude de 182 asthmatiques appariés à des sujets contrôle, les auteurs montrent qu’un diagnostic d’ALV entraîne des restrictions alimentaires prolongées, qu’une consommation plus élevée de lait de vache est associée à un risque diminué d’asthme atopique, et qu’une consommation plus élevée de lait maternel est associée à un risque diminué d’asthme non atopique.

La présence d’un asthme et de maladies allergiques dans la famille influence les pratiques alimentaires des enfants ; les parents restreignent souvent l’alimentation de leurs enfants en fonction de leurs propres allergies ou en raison d’une manifestation allergique chez leurs enfants, en particulier lors de symptômes cutanés comme l’eczéma, ce qui peut résulter dans l’éviction extensive de beaucoup d’aliments supposés allergisants pendant de nombreuses années. Il est donc nécessaire de leur rappeler qu’un diagnostic d’allergie alimentaire repose sur un diagnostic clinique précis avant toute mesure restrictive sur l’alimentation.

Dans cette étude, la consommation de poisson était aussi inversement associée au risque d’asthme, ce qui confirme d’autres études ayant montré que l’absorption régulière de poisson pendant l’enfance est associée à une baisse du risque de maladies allergiques à l’adolescence.

La nutrition dans la période périnatale et la petite enfance est de plus en plus considérée comme un facteur important qui influence la santé ultérieure ; certains pensent qu’elle module le développement des systèmes respiratoire, digestif et immun.

Cette étude confirme que l’alimentation dans la petite enfance, combinée à une histoire d’atopie, est un des facteurs environnementaux associé au risque de développer de l’asthme, et elle suggère que les restrictions liées à une ALV modifient la consommation alimentaire dans la petite enfance, avec un impact significatif sur le risque d’asthme dans l’enfance plus tardive.