L’allergie alimentaire et ses répercussions familiales.

lundi 8 février 2016 par Dr Bertrand Lovato1424 visites

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L’allergie alimentaire et ses répercussions familiales.

L’allergie alimentaire et ses répercussions familiales.

lundi 8 février 2016, par Dr Bertrand Lovato

Modèles d’adaptation de l’allergie alimentaire des enfants. : Fedele DA, McQuaid EL, Faino A, Strand M, Cohen S, Robinson J, Atkins D, Hourihane JO’B, Klinnert MD.

Patterns of adaptation to children’s food allergies.

dans Allergy 2016 ; DOI : 10.1111/all.12825

- Prérequis :

  • Les familles avec allergie alimentaire sont à risque de qualité de vie réduite et d’anxiété.
  • Un niveau modéré d’anxiété pourrait être bénéfique pour soutenir l’éviction alimentaire, pour autant une anxiété excessive peut augmenter le risque de fardeau et d’inadaptation.
  • La présente étude propose un cadre pour comprendre les moyens d’adaptation aux allergies alimentaires chez les familles concernées et ainsi tenter d’identifier les familles nécessitant une aide.

- Méthode :

  • Les participants comptaient 57 enfants, âgés de 6 à 12 ans avec une allergie alimentaire documentée, et leurs mères.
  • Les familles étaient évaluées à l’aide du « Food Allergy Management and Adaptation Scale ».
  • Les familles remplissaient aussi un score de qualité de vie, d’anxiété, de management de l’allergie alimentaire et de retentissement psychosocial.

- Résultats :

  • Une analyse par clusters révélait que 56 des 57 familles avec enfant allergique alimentaire était catégorisées dans 4 groupes qui différaient par leur adéquation à gérer l’allergie alimentaire, leur niveau d’anxiété, et leur retentissement psychosocial : « moyennement répondeurs » (n=23,41%), « forts répondeurs » (n=25,45%), « faibles répondeurs » (n=3, 5%).
  • Le quatrième groupe : « forts répondeurs anxieux » (n=5, 9%), était caractérisé par de hauts scores d’angoisse maternelle extrême et de faibles scores d’intégration, de management de l’allergie alimentaire et de fonctionnement psychosocial.

- Conclusion :

  • Les familles avec allergie alimentaire étaient caractérisées par des modèles différents de management de l’allergie alimentaire, d’anxiété, et de capacité à intégrer les besoins en cas d’allergie alimentaire dans leur vie quotidienne.
  • Les modèles d’adaptation identifiés correspondent à l’impression clinique et fournissent un cadre pour identifier les familles nécessitant une aide.

L’allergie alimentaire d’un enfant est source d’anxiété et de diverses répercussions dans sa famille.

Cette étude américaine a étudié ces retentissements au sein de la famille afin de repérer les familles potentiellement en difficultés et nécessitant une aide extérieure.

Cinquante sept enfants allergiques et leur mère ont répondu à un questionnaire et rempli des scores sur la qualité de vie, leur capacité à gérer l’allergie alimentaire, leur situation psychosociale et leur niveau d’anxiété.

Ainsi les familles ont pu être classées en 4 clusters avec notamment un groupe « fort répondeur anxieux » (9%) caractérisé par un fort niveau d’anxiété maternelle, de faible intégration sociale et de faibles capacités de gestion de l’allergie alimentaire.

Il en ressort que l’existence d’une allergie alimentaire chez un enfant dans une famille est un facteur de stress et donc d’anxiété pouvant perturber le fonctionnement familial jusqu’à altérer son intégration psychosociale.

Une bonne évaluation de cet état d’anxiété permettrait de faciliter le repérage des familles à risque afin de leur apporter une aide extérieure.

Vos commentaires

  • Le 16 mars 2016 à 12:08, par Dominique En réponse à : L’allergie alimentaire et ses répercussions familiales.

    Bonjour,
    Je suis tout d’abord ravie de lire votre article dans lequel je me suis projetée.
    Je suis la mère d’une jeune fille souffrant d’allergies alimentaires et respiratoires. Nous avons eu connaissance de ses allergies alors qu’elle avait dix-neuf mois. Elle a dix-huit ans depuis peu.
    Je me suis toujours sentie très seule, peu respectée et comprise : l’entrée en crèche m’a été refusée, les enseignants ne prennent pas en compte la maladie à l’école, en collège, au lycée. Le stress est évidemment très fort tous les jours. Les difficultés sociales, professionnelles et scolaires existent. La maladie pousse à l’isolement.
    Bien cordialement.