26 février 2026 ·  · 8 lectures

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Les saisons de spores d’Alternaria ne sont pas « fixes » : elles se décalent dans le temps sur une période de vingt ans, ce qui peut allonger ou déplacer les périodes à risque pour les patients. À Islamabad, l’exposition reste principalement au printemps et en automne, avec un lien évident avec la température et certains paramètres atmosphériques.

Alternaria est une moisissure extérieure majeure en allergologie respiratoire (rhinite, asthme, parfois sévère). Si la « fenêtre » de spores se déplace, nos repères pratiques (prévention, ajustement thérapeutique, messages d’éviction) doivent devenir plus « dynamiques » et adaptés à la situation locale. Humayun, M., Ullah, K., Naseem, S. et al. Temporal shifts in alternaria spore seasons increase the risk of allergy. Sci Rep (2026).

Sur le même sujet :

Alternaria en pratique

  • Quel est son milieu de développement ?
    • Principalement, les végétaux : feuilles, tiges, fleurs fanées, fruits et légumes, restes de récolte, compost, paille, grains, semences.
    • Elle prospère grâce à la décomposition de matières organiques, telles que des débris végétaux et des sols riches en humus.
  • Dans quelles conditions ?
    • La sporulation est stimulée par des cycles d’humidité et de sécheresse, des températures modérées à élevées, du vent (dispersion des spores) et des saisons de croissance et de dépérissement des plantes.
    • L’humidité favorise la croissance sur les supports, mais une humidité atmosphérique élevée peut parfois « plaquer » les spores, réduisant ainsi leur dispersion. C’est une des raisons pour lesquelles les corrélations météo varient selon les lieux.
  • Où la trouve-t-on ?
    • Alternaria est pratiquement présente partout dans le monde, principalement dans les régions tempérées et chaudes, dans les milieux ruraux, périurbains et urbains (parcs et jardins) où il y a de la végétation et des débris organiques.
    • Le niveau d’exposition dépend principalement du climat, des pratiques agricoles, de la flore locale et des conditions météorologiques à court terme.

Méthode

  • Étude d’aérobiologie sur 20 ans (2004 à 2023) à Islamabad, incluant l’analyse des déplacements saisonniers (débuts/fins, intensité).
  • Données météorologiques (température, humidité, etc.) et données sur les polluants pour une période plus courte (2022-2023), avec moyennes mensuelles.
  • Analyse statistique des corrélations entre les spores, les données météorologiques et les polluants ; indicateurs d’exposition saisonnière.

Définitions :

Résultats

  • La saison observée s’étend généralement de mars à octobre, avec des niveaux importants d’avril à octobre.
  • Les concentrations sont corrélées positivement à la température et au CO₂, et corrélées négativement à l’humidité relative.
  • Message principal : entre 2004 et 2023, les auteurs décrivent un déplacement temporel des saisons d’Alternaria, susceptible de modifier la période d’exposition à risque.

Discussion

  • Clinique : un décalage de saison peut expliquer des symptômes « hors calendrier habituel », ainsi que des exacerbations d’asthme plus difficiles à prévoir.
  • Pratique : il serait bénéfique d’utiliser des calendriers locaux (aérobiologie) et d’alertes d’exposition pour adapter traitement de fond et plan d’action.
  • Environnement : les spores, la météo et la pollution interagissent ; raison de plus pour intégrer l’environnement dans l’éducation thérapeutique.

Conclusion

Cette étude souligne que l’allergie aux moisissures extérieures ne se manifeste pas selon un calendrier fixe. En effet, les saisons d’Alternaria peuvent varier sur le long terme, exposant les patients à des risques plus précoces, tardifs ou prolongés. Pour l’allergologue, l’avantage est surtout organisationnel : adapter la prévention et l’intensification des traitements aux données locales d’aérobiologie plutôt qu’à des repères théoriques s’avère plus efficace. Voici les limites majeures de cette étude : les résultats proviennent d’un seul site, la période d’observation est courte pour les polluants et les associations statistiques ne démontrent pas de lien de causalité. Cependant, il y a un potentiel intéressant : établir un lien entre les courbes de spores et les données cliniques (consultations, urgences, exacerbations) pour créer des alertes réellement utiles pour les patients.


Le mot de l'allergo

Si vous êtes allergique aux moisissures comme Alternaria, vos symptômes peuvent varier d’une année à l’autre, et non pas seulement selon « le printemps » ou « l’été ». Cette étude démontre que, dans la ville d’Islamabad, les spores se propagent principalement au cours de la période allant du printemps à l’automne, mais qu’elles sont davantage présentes lorsque la température est élevée. De plus, l’humidité semble les ralentir. L’idée pratique : si vos symptômes respiratoires réapparaissent à des moments inattendus, il est possible que la saison des spores ait changé. Parlez-en avec votre allergologue pour ajuster prévention et traitement.

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