Différentes réponses inflammatoires des voies aériennes lors d’exposition au diesel chez les sujets sains et les asthmatiques. : Stenfors N, Nordenhall C, Salvi SS, Mudway I, Soderberg M, Blomberg A, Helleday R, Levin JO, Holgate ST, Kelly FJ, Frew AJ, Sandstrom T.
Dept of Respiratory Medicine and Allergy, University Hospital, Umea, Sweden
dans Eur Respir J. 2004 Jan ;23(1):82-6
La pollution particulaire agresse les voies aériennes, les asthmatiques étant reconnus comme particulièrement sensibles.
Les auteurs ont formulé l’hypothèse que l’exposition aux gaz d’échappement des véhicules diesel (PED pour particules d’échappement de diesel), source majeure de pollution particulaire, entraînerait une infiltration neutrophilique des voies aériennes chez les sujets sains, et que chez les sujets présentant un asthme allergique léger, soit ces réponses seraient exagérées, soit que les PED pourraient exacerber l’irritation déjà présente dans leurs voies aériennes.
Des sujets sains et des sujets atteints d’un asthme léger ont été exposés pendant 2 heures à des taux ambiants de PED (particules ayant subi une perte aérodynamique de 50% de leur diamètre de 10 microns (PM10) de 108 microg/m3, et on a effectué des mesures de la fonction pulmonaire et de l’inflammation des voies aériennes.
Dans les deux groupes, on a mis en évidence une élévation du même ordre des résistances des voies aériennes après exposition au PED.
Les sujets sains ont développé une réaction inflammatoires des voies aériennes 6 heures après exposition aux PED comportant une neutrophilie et une lymphocytose, dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire, une élévation de la concentration en interleukine-8 (IL-8), et au niveau de la muqueuse bronchique une augmentation de l’expression de l’ARN messager pour l’IL-8 et des molécules endothéliales d’adhésion.
Chez les asthmatiques, l’exposition aux PED n’a pas induit de réponse neutrophilique et elle n’a pas non plus exacerbé l’inflammation à éosinophiles pré-existante. Le marquage épithélial pour la cytokine IL-10 était augmenté chez les asthmatiques après exposition aux PED.
Nous avons donc observé dans cette étude chez les sujets sains et asthmatiques des effets différents au niveau des voies aériennes des particules ayant subi une perte aérodynamique de 50% de leur diamètre de 10 microns à des concentrations inférieures à celles des standards de qualité préconisés par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Des études ultérieures seront nécessaires pour élucider les mécanismes de ces différences.
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