14 novembre 2003 ·  · 3385 lectures

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Les asthmes sévères corticorésistants posent à l’évidence un gros problème thérapeutique. Ainsi, on a recours, dans ces types d’asthme évoluant dans le cadre d’un syndrome Churg et Strauss, aux immunosuppresseurs. Ici, les auteurs évaluent l’efficacité de l’interféron α.

Effets cliniques et immunologiques de faible dose d’INF-α dans le traitement de patients asthmatiques corticorésistants. : H.-U. Simon1, H. Seelbach2, R. Ehmann2, M. Schmitz2,*

1Department of Pharmacology, University of Bern, Bern ; 2High-Altitude Clinic Davos-Wolfgang, Davos, Switzerland

dans Allergy 58 (12), 1250-1255

 CONTEXTE.
* L’interféron α (INF-α) est une cytokine qui possède une activité anti-virale puissante et des propriétés immunorégulatrices.
* Nous avons eu pour objectif d’évaluer les effets cliniques et immunologiques de faibles doses d’INF-α chez des patients asthmatiques sévères corticorésistants avec ou sans syndrome de Churg-Strauss.
* Il n’existe pas de traitement efficace disponible pour ce groupe de patients.

 METHODES.
* Nous avons étudié 10 patients asthmatiques corticorésistants, chez lesquels a été administré 3x106 IU par jour d’INF-α en plus de la dose de Prednisone précédemment administrée avant l’introduction de la thérapie cytokinique.
* La dose de Prednisone était réduite graduellement en fonction de la situation clinique et utilisée en tant que témoin pour évaluer l’efficacité de la cytokine.
* Afin de distinguer les modifications immunologiques provenant soit de la corticothérapie, soit de la cytokine administrée, la dose de corticostéroïde était conservée constante durant au moins 2 semaines lors de l’introduction de la thérapie cytokinique chez 7 patients.
* Les effets du traitement sur les paramètres cliniques et immunologiques étaient mesurés à 2-4 semaines et 5-10 mois selon disponibilité du patient.

 RESULTATS.
* Le traitement par INF-α améliore rapidement la situation clinique comme le montre les paramètres de la fonction respiratoire et les doses de corticostéroïdes requises.
* Les modifications immunologiques importantes incluaient : diminution du nombre des leucocytes, augmentation du nombre relatif de cellules T CD4+, augmentation de la différenciation cellules TH 1 et augmentation de l’expression de l’interleukine 10 au niveau des cellules mononucléées du sang périphérique.

 CONCLUSIONS.
* Le traitement par l’INF-α était associé à des améliorations surprenantes chez ces patients asthmatiques corticorésistants avec ou sans syndrome de Churg-Strauss.
* Les mécanismes potentiels de l’action incluent l’établissement d’une balance correcte TH1/TH2 et l’induction du gène de l’interleukine anti-inflammatoire IL-10.


Le mot de l'allergo

Cette étude a été effectuée sur un relatif petit nombre de patients.

Il est vrai que des patients qui présentent un asthme sévère corticorésistant ne courent pas les rues, bien heureusement.

Toutefois la faiblesse de l’effectif est compensée par une méthodologie très rigoureuse.

Les auteurs l’écrivent, ils ont été très agréablement surpris de l’ampleur des effets positifs tant du point vue clinique qu’immunologique.

La thérapie par l’INF-α apparaît être une nouvelle voie thérapeutique de ces asthmes très sévères corticorésistants.

Nous pouvons nous attendre dans le futur proche à voir fleurir de nombreuses thérapies de type interleukines, c’est déjà dans nombreux domaines bien engagé.

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