Effets d’une hypoxie chronique ou intermittente sur la cognition chez l’enfant : une revue générale des preuves. : Bass JL, Corwin M, Gozal D, Moore C, Nishida H, Parker S, Schonwald A, Wilker RE, Stehle S, Kinane TB.
Department of Pediatrics, Newton-Wellesley Hospital, MassGeneral Hospital for Children, Harvard Medical School, Newton, Massachusetts 02462, USA. jbass@partners.org
dans Pediatrics. 2004 Sep ;114(3):805-16
– Objectif de l’étude :
- Faire la revue concernant les preuves des effets d’une hypoxie chronique ou intermittente sur la cognition chez les enfants, en réalisant une étude systématique de la littérature avec une étude critique des critères de causalité.
- En raison de l’importance des troubles du comportement comme le déficit d’attention et/ou l’hyperactivité sur certaines fonctions cognitives comme sur le parcours scolaire, cette revue de la littérature a également inclus des articles sur le devenir des troubles du comportement.
– Méthodologie :
- Des preuves directes et indirectes ont été colligées en travaillant sur Medline de 1966 à 2000 avec des références anglaises et non anglaises. Des références jusqu’à 2003 ont été également incluses.
- Pour être retenues, les études devaient avoir été publiés dans un journal avec comité de lecture, devaient contenir des données d’ordre cognitives ou comportementales ou sur le parcours scolaire d’enfants de plus de 14 ans ayant des conditions cliniques les exposant à une hypoxie chronique ou intermittente.
- Des preuves indirectes dans d’autres revues et publications étroitement liées à ces thèmes, avec en particulier des études expérimentales chez l’adulte ont été utilisées pour aider les conclusions.
- 2 lecteurs ont analysé les abstracts et les titres. Chaque article inclus comme une preuve directe a été évalué d’une façon structurée par 2 personnes. Les différences ont été analysées par 2 relecteurs avec l’aide d’un consultant.
- Après ce travail, des tableaux ont été construits pour permettre des discussions de groupe et développer un consensus.
- Les preuves indirectes ont été également analysées.
- L’ensemble des critères de causalité a été critiqué selon une méthode publiée (Evidence Based Pediatrics and Child Health (Moyer V, Elliott E, Davis R, et al, eds. London, United Kingdom : BMJ Books ; 2000:46-55).
– Résultats :
- Un total de 788 références a été analysé.
- Parmi celles-ci 43 (78.2%) ont rapporté des effets indésirables. Parmi les 37 études contrôlées, 31 (83.8%) rapportent un effet indésirable.
- Ces effets sont notés à chaque niveau de la saturation artérielle en oxygène et en fonction de chaque age d’exposition en dehors du nouveau-né prématuré.
- Ces études ont été classées en 5 catégories :
- pathologie cardiaque congénitale,
- troubles du sommeil,
- asthme,
- anomalie ventilatoire chronique et
- instabilité respiratoire chez les enfants.
- 2 de ces catégories, pathologie cardiaque et troubles du sommeil, qui représentent 42 (76.4%) des articles inclus, remplissent les critères de relation causale.
- Les preuves indirectes incluent 8 revues générales, une méta-analyse et 10 travaux originaux couvrant les champs de l’anoxie, de la recherche chez l’animal, les troubles du sommeil chez l’adulte, des études en haute altitude, l’ischémie périnatale, l’anémie et l’intoxication par le CO2.
– Conclusions :
- Des effets négatifs de l’hypoxie chronique ou intermittente, sur le développement, le comportement et le déroulement de la scolarité ont été rapportés dans de nombreuses études contrôlées et méthodologiquement correctes chez des enfants ayant une affection cardiaque congénitale ou une pathologie de troubles du sommeil ainsi que dans diverses études expérimentales chez l’adulte.
- Ceci doit donc être pris en compte dans toutes les situations qui exposent les enfants à une hypoxie.
- En raison des effets indésirables qui ont été notés même pour des taux faibles de désaturation en oxygène, des recherches futures devront définir de façon précise les données en fonction de tous les niveaux de désaturation.
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