Identification des phénotypes de l’asthme sévère : rôle de l’âge d’apparition et de l’inflammation à éosinophiles. : Christina Miranda, MS, PA-C Ashley Busacker, BS Silvana Balzar, MD John Trudeau, BS
Sally E. Wenzel, MD*
National Jewish Medical and Research Center and the University of Colorado Health Sciences Center, Denver, Colo, USA
dans JACI January 2004 • Volume 113 • Number 1
– CONTEXTE.
L’asthme relève d’un processus hétérogène, de fait, on ne connaît pas grand chose des phénotypes.
– OBJECTIF.
Déterminer si des différences phénotypiques existent dans l’asthme sévère entre l’apparition précoce comparée à l’apparition tardive et si la présence ou l’absence d’éosinophilie influence ces phénotypes.
– METHODES.
- Il s’agit d’une analyse en sections croisées qui intègre les données cliniques, physiologiques et pathologiques collectées chez 80 sujets souffrant d’asthme sévère.
- Les sujets étaient divisés entre, d’une part, ceux dont l’asthme était apparu avant l’âge de 12 ans (n=50), d’autre part, ceux dont l’asthme était apparu après l’âge de 12 ans (n=30), et, par la présence ou non d’éosinophiles pulmonaires.
– RESULTATS.
- Les sujets ayant un asthme sévère apparu de façon précoce avaient significativement plus de sensibilisations allergéniques (tests cutanés positifs, 98% contre 76%, P<0,007) et plus de symptômes allergiques (P< ou= 0,02) que les sujets atteints d’un asthme apparu plus tardivement.
- De façon différente, les sujets atteints d’asthme apparu après 12 ans avait une fonction respiratoire inférieure (P = 0,05 à 0,07) que dans le cas de l’apparition précoce, malgré une durée évolutive plus courte de la maladie (P<0,001).
- Les deux groupes avaient un haut degré de symptômes asthmatiques, mais ceux qui montraient une persistance des éosinophiles quel que soit l’âge d’apparition étaient significativement plus symptomatiques (P<0,05).
- De façon similaire, la présence d’éosinophiles quel que soit l’âge d’apparition de l’asthme, était associée avec les plus bas résultats de la fonction respiratoire (P<ou =0,02).
- De plus, l’apparition tardive de l’asthme était associée avec les plus forts taux d’éosinophiles pulmonaires (P<0,07), seuls les asthmes sévères d’apparition précoce étaient associés avec un processus inflammatoire à lymphocytes et mastocytes.
- Finalement, les sujets souffrant d’un asthme d’apparition tardive sans éosinophiles n’avaient pas d’épaississement de la membrane basale sous-épithéliale, suggérant un processus pathologique différent.
– CONCLUSIONS.
Le fait de différencier l’asthme sévère selon l’âge d’apparition et selon la présence ou non d’éosinophiles, permet d’identifier des phénotypes de l’asthme, qui pourraient bénéficier à des études thérapeutiques et génétiques à venir.
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