Risque atopique chez le nourrisson et l’enfant et exposition précoce au poisson, poisson gras ou acides gras oméga-3 à longue chaîne : revue systématique. : Kremmyda LS, Vlachava M, Noakes PS, Diaper ND, Miles EA, Calder PC.
Institute of Human Nutrition and Institute of Developmental Sciences, School of Medicine, University of Southampton, IDS Building, MP887 Southampton General Hospital, Tremona Road, Southampton, SO16 6YD, UK
dans Clin Rev Allergy Immunol. 2009 Dec 9.
– Contexte
- Il existe deux familles d’acide gras polyinsaturés (PUFA) : les familles n-3 et n-6.
- Une relation a été évoquée entre l’apport en PUFA n-6 et la maladie allergique,
- il existe une explication biologique possible, mettant en jeu les médiateur éicosanoïdes de l’acide arachidonique n-6.
- Les poissons et huiles de poisson sont des sources de PUFA n-3 à longue chaîne, et l’action de ces acides gras contrecarre celle des PUFA n-6.
- Certains considèrent ainsi que les PUFA n-3 protègent des sensibilisations allergiques et des manifestations cliniques de l’allergie.
– Matériel et méthode
- Les données à ce sujet ont été acquises à partir d’études épidémiologiques évaluant l’association entre la consommation de poisson pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance et l’enfance, et la survenue de manifestations atopiques chez le nourrisson et l’enfant.
– Résultats
- Les 5 études épidémiologiques étudiant l’effet de la consommation de poisson pendant la grossesse sur la survenue de signes d’atopie ou d’allergie dans l’enfance ont montré une protection.
- Une étude évaluant l’effet de l’apport de poisson pendant l’allaitement n’a pas montré de modification significative.
- Les données sur l’effet de la consommation de poisson pendant l’enfance sur la survenue d’évènements atopiques chez ces enfants sont discordantes, même si la majorité des études (9 sur 14) montrent un effet protecteur.
- La supplémentation en huiles de poisson pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance et l’enfance aboutit à un statut PUFA n-3 plus élevé chez ces enfants.
L’apport d’huiles de poisson aux femmes enceintes est associé à des modifications immunologiques du sang cordal, qui peuvent être durables. - Les études menées jusqu’à présent indiquent que l’apport d’huiles de poisson pendant la grossesse peut diminuer les sensibilisations aux allergènes alimentaires et réduire la prévalence et la gravité de la dermatite atopique pendant la première année, avec une possible persistance jusqu’à l’adolescence avec moins d’eczéma, de rhume des foins et d’asthme.
– Discussion
- L’apport d’huiles de poisson aux enfants et nourrissons pourrait entraîner des modifications immunologiques, mais il n’est pas certain que ceci ait des répercussions cliniques et que cela soit durable.
- La supplémentation en huiles de poisson au cours de la petite enfance pourrait réduire le risque de développer des manifestations d’allergie mais ces bénéfices pourraient ne pas être durables et d’autres facteurs sont susceptibles d’intervenir.
- Il n’est pas certain que les huiles de poisson puissent être utilisées dans le traitement de l’asthme de l’enfant, puisque les deux études qui ont jusqu’à présent évalué cet effet ont des résultats divergents.
– Conclusion
- D’autres études évaluant un apport majoré de PUFA n-3 longue chaîne pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance et l’enfance sont nécessaires pour mieux définir leurs effets immunologiques et cliniques chez les enfants, pour identifier leurs effets protecteurs et thérapeutiques ainsi que leur persistance.
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