Dermatite atopique de l’enfant, qualité de la vie familiale et sévérité de la maladie sont-elles en relation ? : MA Ben-Gashir, PT Seed, RJ Hay St John’s Institute of Dermatology and Public Health Sciences, Guy’s, King’s & St Thomas’ School of Medicine, Lambeth Palace Road, London, SE1 7EH, UK dans Journal of the European Academy of Dermatology & Venereology Volume 16 Issue 5 Page 455 - September 2002
– CONTEXTE. La dermatite atopique (DA) peut constituer un traumatisme de la vie familiale. Nous connaissons peu de chose à propos du lien entre la qualité de vie de la DA et sa sévérité.
– OBJECTIF. Documenter la qualité de la vie familiale afin de mettre en évidence une relation avec la sévérité de la DA chez des enfants sur une période de 6 mois.
– TYPE DE L’ÉTUDE. Les données font partie d’une étude longitudinale conduite dans deux zones du Royaume-Uni à la recherche de facteurs de risque de sévérité de la DA et de ses impacts sur la qualité de vie.
– SUJETS ET METHODES.
* La population recrutée comprenait des enfants atteints de DA, âgés de 5 à 10 ans, pris en charge pour la première fois.
* Les médecins généralistes identifiaient les sujets et utilisaient les critères diagnostiques de la DA du Royaume-Uni pour confirmer le diagnostic.
* Les enfants et leurs parents étaient interrogés. La sévérité de l’eczéma était évaluée à l’aide du SCORAD modifié (SCORAD-D) et d’un score établi par les parents.
* La qualité de la vie familiale était quantifiée par le questionnaire le « Dermatitis Family Impact » (DFI). Ces deux paramètres étaient mesurés à deux occasions distinctes dans les 6 mois.
– ANALYSE. Des analyses de régression multiple ont été mises en œuvre afin de rechercher la relation entre la qualité de vie familiale et la sévérité de la DA à un temps donné et 6 mois plus tard.
– RESULTATS.
* Des 116 enfants présents lors de la première consultation, âge moyen de 8 ans, 106 se présentaient à la seconde (91%) et étaient inclus dans l’analyse.
* La qualité de la vie familiale se révélait être affectée significativement dans 48 cas (45%) lors de la première consultation et dans 38 cas (36%) lors de la seconde.
* Les moyennes initiales respectives du DFI et du SCORAD-D étaient de 2,4 et de 8,2. Six mois plus tard, ces mêmes moyennes se situaient à 1,9 et 7,7.
* L’utilisation de régression multiple sur la première et la seconde consultation montrait que chaque unité d’augmentation du SCORAD-D était associée à 0,21 et 0,37 unité d’augmentation de qualité de la vie familiale. Cette relation demeurait significative même après ajustement des sources de confusion (sujet noir, classe sociale, sexe, âge des enfants, lieu d’habitation et taille de la famille), chaque augmentation d’unité de SCORAD-D correspond à 0,25 unité et 0,23 unité d’augmentation du DFI lors de la première et deuxième consultation.
* Les modifications des scores du DFI étaient en relation significative avec les modifications des scores du SCORAD-D.
– CONCLUSIONS.
* Nous montrons que la qualité de vie familiale est en relation avec la sévérité de la DA chez l’enfant. Ceci confirme l’importance de l’estimation parentale de l’impact de la maladie dans le management de la DA, du fait que la maladie affecte la famille globalement.
* Aussi, ces résultats montrent que la réponse du DFI se modifie de façon prédictive en fonction de la sévérité de l’atteinte. Ceci implique que le questionnaire du DFI pourrait être utile comme mesure complémentaire des résultats dans la pratique médicale quotidienne aussi bien que dans les études.
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