Exposition allergénique précoce, tests cutanés et sibilances chez des enfants de 5 ans en Angleterre : une étude de cohorte. : P Cullinan, S J MacNeill, J M Harris, S Moffat, C White, P Mills and A J Newman Taylor
Department of Occupational and Environmental Medicine, Imperial College School of Medicine at the National Heart and Lung Institute, London, UK
dans Thorax 2004 ;59:855-861
– Historique :
- Pendant de nombreuses années, il a été pensé que le risque d’allergies respiratoires chez l’enfant était lié à l’exposition allergénique précoce. Il existe néanmoins peu d’études prospectives sur le sujet.
- Nous avons donc décidé d’étudier cette relation dans une population de cohorte représentative d’enfants nés à Ashord, dans le Kent.
– Méthodes :
- Nous avons suivi 625 enfants (94% de la population éligible) de la naissance à l’âge de 5 ans et demi, âge auquel les enfants avaient des prick-tests avec des extraits d’acariens, de la poussière de maison et des poils de chat.
- Nous avons ensuite interrogé la mère sur la survenue éventuelle d’épisodes de sibilances au cours de l’année précédente.
- Ces éléments ont ensuite été analysés en fonction des concentrations en Der p 1 et Fel d 1 mesurées au domicile lorsque les enfants étaient âgés de 8 semaines.
– Résultats :
- A l’âge de 5 ans et demi, 10% des enfants étaient sensibilisés aux acariens de la poussière de maison ou au chat, 7% présentaient des sibilances et une atopie.
- Il n’existait aucune relation significative entre l’exposition allergénique et la survenue d’une sensibilisation ou de sibilances.
- Après analyse, pour les deux allergènes la relation entre exposition et sensibilisation et/ou développement de sibilances croissait de manière très importante avec de faibles concentrations d’allergènes et diminuait avec de fortes concentrations.
- Ces schémas étaient modifiés par l’existence d’une atopie parentale et l’ordre dans la fratrie.
– Conclusions :
- Il n’existe aucune relation linéaire entre une exposition allergénique précoce et la survenue d’allergie respiratoire chez l’enfant ; de plus, les risques de sensibilisation et d’asthme surviennent à de très faibles concentrations d’allergènes et sont atténuées après.
- Ces schémas sont influencés par l’existence d’une atopie parentale et par l’ordre dans la fratrie.
- Ces résultats suggèrent que dans le développement de l’atopie et de l’asthme, il existe des interactions importantes génétique/environnement et impliquent que les seules mesures de réduction allergénique de l’environnement aient peu de chances d’avoir le moindre impact sur l’incidence des ces maladies chez l’enfant.
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