Traitement symptomatique de la toux dans la coqueluche : revue Cochrane, mise à jour août 2003 : Pillay V, Swingler G
dans The Cochrane Library, Issue 4, 2003.
– Contexte :
* la coqueluche est une cause importante de mortalité et morbidité dans l’enfance.
* On dénombre 20 à 40 millions de cas de coqueluche annuellement dans le monde, 90% surviennent dans les pays en voie de développement avec une estimation de 200 à 300 000 cas mortels.
* Les accès de toux paroxystique sont responsables de l’essentiel de la morbidité.
* Les corticostéroïdes, le salbultamol (agoniste bêta 2 adrénergique) et les immunoglobulines spécifiques anti Bordetella pertussis ont été proposés comme thérapeutique de référence pour le traitement de la toux.
* Les anti histaminiques également ont été utilisés.
* Aucune revue systématique concernant l’efficacité de l’une de ces solutions ou encore d’autres n’a été réalisée à ce jour.
– Objectifs : confirmer l’efficacité et la sûreté des solutions utilisées afin de réduire la sévérité des accès paroxystique de toux au cours de la coqueluche chez enfants et adultes.
– Stratégie de la recherche :
* les auteurs ont inventorié les essais contrôlés à partir du registre central Cochrane (2003) ; à partir de MEDLINE de janvier 1966 à juin 2003 ; à partir d’EMBASE de 1990 à juin 2003 ; de LILACS de 1982 à novembre 2001.
* Ils ont également visionné les listes de références d’essais dûment identifiés et contacté les auteurs de ces derniers ainsi que les sociétés pharmaceutiques concernées.
– Critères de sélection : Les essais randomisés et quasi randomisés ayant pour but de supprimer la toux dans la coqueluche à l’exclusion des antibiotiques et vaccins.
– Analyse des données collectées :
* Deux investigateurs indépendants ont sélectionné les études et extrait les données.
* Le critère évolutif principal était la fréquence des paroxysmes de toux.
* Les critères secondaires évolutifs étaient la fréquence des vomissements, des quintes, des accès de cyanose, la survenue de complications graves, la mortalité quelle que soit sa cause, les effets secondaires dus aux médications, les admissions hospitalières ainsi que la durée du séjour hospitalier.
* Les points de désaccord furent résolus par le biais de discussion.
– Principaux résultats :
* 9 études remplissaient les critères d’inclusion mais 4 étaient insuffisantes pour une méta analyse des critères d’évolution sélectionnés, elles étaient de petite taille et succinctes.
* La plus grande étude a intéressé 49 sujets et la plus petite 18, toutes concernaient des pays développés.
* Les études éligibles se sont intéressées à la diphenhyramine, les immunoglobulines anti pertussiques, la dexamethasone et le salbutamol.
* Aucun effet bénéfique sur un plan statistique ne fut constaté pour l’une de ces solutions.
* La diphenhydramine n’a pas modifié les accès de quinte (moyenne concernant la variation des quintes sur 24h (1.9 avec IC 95% -4.7 à 8.5).
* les immunoglobulines anti pertussiques ne modifièrent pas la durée du séjour hospitalier (0.7 jour IC 95% -3.8 à 2.4), avec une réduction en moyenne de 3.1 quintes par 24h (IC 95% -6.2 à 0.02).
* La dexamethasone n’a pas montré une réduction évidente dans la durée du séjour hospitalier (-3.5 jour, IC 95% -15.3 à 8.4) et le salbutamol ne démontra pas de changement dans les accès de toux paroxystique sur 24h (-0.22, IC 95% -4.13 à 3.69].
– Les conclusions des investigateurs : il n’y a pas suffisamment de preuves pour tirer des conclusions sur tout type d’intervention ciblée sur la toux dans la coqueluche.
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