16 mars 2004 ·  · 1693 lectures

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L’activité sportive peut s’accompagner de symptômes respiratoires, que ce soit des manifestations d’asthme ou des symptômes d’irritation bronchique. L’entraînement en lui-même peut en être responsable. Les auteurs ont cherché si, chez les nageurs, l’exposition au chlore pouvait être en soi un facteur supplémentaire d’irritation.

Non seulement l’entraînement, mais aussi l’exposition aux composés chlorés, favorisent une réponse aux stimuli oxydatifs chez les nageurs. : Varraso R, Massin N, Hery M, Fradier-Dusch M, Michaely JP, Fournier M, Hubert G, Biette P, Rieger B, Berthelin A, Hecht G, Nadif R.

INSERM U420, Faculte de Medecine, BP 184, 54505 Vandauvre-les-Nancy, France. varraso@vjf.inserm.fr

dans Toxicol Ind Health. 2002 Jul ;18(6):269-78

 Objectifs. Les relations entre l’exposition aux dérivés chlorés, et les marqueurs biologiques de réponse aux stimuli oxydatifs, ont été étudiées chez les nageurs, en prenant en compte l’effet de l’entraînement.

 Méthodes.

  • 22 nageurs masculins âgés de 15 à 25 ans ont été surveillés deux fois ; la prévalence des symptômes d’irritation et de l’asthme, ainsi que le nombre d’heures d’entraînement, ont été relevés.
  • L’exposition au trichlorure d’azote (NCl3) et la réponse sérique aux stimuli oxydatifs (activités de catalase, superoxyde dismutase : SD, glutathion peroxydase : GP, et concentrations de céruloplasmine, ferritine et anti-oxydants totaux) ont été mesurées.
  • Des analyses univariées étaient complétées par des analyses multivariées.

 Résultats.

  • Des prévalences importantes de symptômes irritants et d’asthme ont été trouvées.
  • L’analyse multivariée confirmait les résultats de l’analyse univariée et montrait que l’activité de la SD était augmentée par l’exposition et par l’entraînement (p=0.01, p=0.0001 respectivement).
  • La GP érythrocytaire était diminuée, alors que son taux plasmatique était augmenté par l’exposition (p=0.002, p=0.002).
  • Aucune autre association n’a été trouvée.

 Conclusions.

  • Des symptômes d’irritation plus fréquents et une augmentation des activités de la SD érythrocytaire et de la GP plasmatique pendant l’exposition supportent l’hypothèse que la production des espèces réactives de l’oxygène n’est pas seulement due à l’entraînement, mais aussi à l’exposition aux dérivés chlorés.
  • D’autres athlètes tendent à avoir des problèmes respiratoires comme de l’asthme, mais l’exposition aux dérivés chlorés peut augmenter les symptômes respiratoires chez les nageurs.

Le mot de l'allergo

Cette étude confirme l’hypothèse des auteurs : l’exposition aux dérivés chlorés, que l’on peut rencontrer chez les nageurs dans les piscines, entraîne des symptômes plus fréquents d’irritation bronchique que chez d’autres athlètes.

Cette irritation est en relation avec une augmentation de l’activité de la SD et de la GP en rapport avec l’exposition aux dérivés chlorés, entraînant une augmentation de synthèse de dérivés oxygénés pro-inflammatoires.

Ce mécanisme vient s’ajouter, chez les nageurs, à l’effet propre de l’entraînement, qui peut en lui-même être un facteur d’irritation lors de certaines activités sportives, que ce soit en raison d’un terrain sous-jacent d’hyperréactivité bronchique ou dans certaines conditions (entraînement intensif dans des conditions extrêmes).

Les asthmatiques ne nagent donc pas toujours dans le bonheur.

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