19 février 2008 ·  · 636 lectures

min de lecture  Aller à la conclusion

L’existence d’un lien entre obésité et asthme sévère reste débattu. Cette étude a analysé ce lien au sein d’une cohorte plus que conséquente

Indice de Masse Corporelle et sévérité de l’asthme au sein de l’étude NAS (National Asthma Survey) : Taylor B, Mannino D, Brown C, Crocker D, Twum-Baah N, Holguin F.

Emory University, Atlanta, Georgia, USA.

dans Thorax. 2008 Jan ;63(1):14-20

 Contexte :

  • L’existence d’une association entre asthme et obésité reste controversée, et limitée à de petites études.

 Méthodes :

  • Les auteurs ont recherché l’existence d’une association entre l’indice de masse corporelle (IMC) et la sévérité des asthmes recueillis dans la « NAS » (National Asthma Survey).
  • Les auteurs ont inclus des adultes (âge > ou = 18 ans) qui rapportaient des symptômes d’asthme au cours des 5 dernières années.
  • Un total de 3095 patients était réparti en fonction de l’IMC :
    • 1080 (35%) sans surpoids (IMC < 25)
    • 993 (32%) en surpoids (IMC entre 25 et 30)
    • 1022 (33%) obèses (IMC > ou = à 30)
  • L’évaluation de la sévérité de l’asthme était basée sur les symptômes respiratoires, sur le recours aux soins, sur les médicaments utilisés, sur le nombre de jours d’arrêt de travail, et sur la classification GINA.
  • Les résultats étaient ajustés sur le sexe, l’âge, la race, le niveau d’éducation, les revenus, le métier, le statut tabagique, le caractère familial de l’asthme, le lieu de résidence, le caractère urbain ou rural du lieu de résidence.

 Résultats :

  • Par comparaison aux sujets sans surpoids, les sujets obèses rapportaient plus souvent des symptômes continus d’asthme (OR 1,66 – IC95% 1,09 à 2,54), avaient plus de jours d’arrêt de travail (OR 1,35 – IC95% 1,01 à 1,81), utilisaient plus souvent des béta-agonistes de courte durée d’action (OR 1,36 – IC95% 1,06 à 1,75), utilisaient plus souvent des corticoides inhalés (OR 1,34 – IC95% 1,01 à 1,79).
  • De plus, les obèses présentaient moins souvent un asthme contrôlé (OR 0,56 – IC95% 0,38 à 0,82), et étaient plus souvent au stade d’asthme persistant sévère (Stade IV du GINA) (OR 1,42 – IC95% 1,05 à 1,90).

 Conclusion :

  • Au sein de cette population importante et variée d’adultes asthmatiques, l’obésité était associée à l’asthme sévère après ajustement sur les facteurs confondants potentiels.

Le mot de l'allergo

Les auteurs de cette étude ont recherché un lien statistique entre obésité et asthme sévère. Ils utilisent les données d’une étude de cohorte conséquente.

Après ajustement sur d’autres facteurs d’asthme sévère, ils confirment l’existence d’un lien entre sévérité de l’asthme et obésité. Les obèses asthmatiques ont en effet plus de symptômes, prennent plus de broncho-dilatateurs de courte durée d’action, sont plus souvent absents de leur travail, et sont plus souvent au stade persistant sévère.

Ces résultats viennent renforcer l’idée que les adipocytes pourraient avoir un rôle dans la physiopathologie de l’asthme, notamment via une protéine : la leptine.

Une raison de plus pour prendre en charge le surpoids et l’obésité de façon optimale !

Noter cet article (sur 10)

0 vote
abonnés article grand public ASTHME Facteurs prédictifs

Envie de réagir?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.