Infections respiratoires virales infantiles, sensibilisation atopique, et risque de développement ultérieur d’asthme persistant : Merci M.H. Kusel, MBBS, PhDa, Nicholas H. de Klerk, MSc, PhDa, Tatiana Kebadze, MDb, Vaike Vohma, BSc(Hons)a, Patrick G. Holt, DSca, Sebastian L. Johnston, MD, PhD, FRCPb, Peter D. Sly, MD, FRACP, DSca
a From the Telethon Institute for Child Health Research, Centre for Child Health Research, University of Western Australia
b National Heart and Lung Institute, Imperial College, London
dans JACI Volume 119, Issue 5, Pages 1105-1110 (May 2007)
– Contexte :
- Les infections sévères des voies respiratoires inférieures (ISRI) et la sensibilisation atopique ont été identifiées comme facteur de risque indépendant de l’asthme.
– Objectifs :
- Le sujet de cette étude était d’analyser la nature des interactions potentielles entre ces facteurs de risque.
– Méthodes :
- Une cohorte de 198 enfants à haut risque atopique était suivie de la naissance à l’âge de 5 ans.
- Tous les épisodes de maladie respiratoire aiguë dans la première année étaient enregistrés et des aspirations bronchiques étaient recueillies pour identification virale.
- Toute histoire de sifflements et d’asthme était notée annuellement et une atopie était recherchée à 6 mois, 2 ans, et 5 ans.
– Résultats :
- Un total de 815 épisodes de maladies respiratoires aiguës était rapporté, dont 33% étaient des ISRI.
- Des virus étaient détectés dans 69% des aspirations, il s’agissait en général de rhinovirus (48,3%) et de virus respiratoire syncytial (VRS) (10.9%).
- A 5 ans, 28.3% (n = 56) des enfants présentaient des sifflements fréquents, ceux-ci étant associés à une maladie respiratoire aiguë sifflante (odds ratio (OR) = 3.4 (1.2 – 9.7) ; p = 0.02) et/ou une maladie respiratoire aiguë fébrile (OR = 3.9 (1.4 – 10.5) ; p = 0.007), en particulier lorsqu’il s’agissait de rhinovirus ou de VRS (OR = 4.1 (1.3 – 12.6) ; p = 0.02).
- Le même type de constatation était faite en cas d’asthme.
- Curieusement, ces associations ne concernaient que les enfants qui déclaraient une sensibilisation de façon précoce (avant 2 ans), et n’étaient pas observées chez ceux qui le devenaient plus tardivement ou chez les non atopiques.
– Conclusion :
- Ces données suggèrent que les infections virales interagissent avec l’atopie dans l’enfance et favorisent l’apparition d’un asthme.
- On voit notamment que la survenue de ces deux événements durant cette fenêtre étroite du développement est associée à un risque maximal d’asthme, ce qui suggère que les 2 types d’inflammation contribuent à la physiopathologie de la maladie.
– Implications Cliniques :
- La protection des enfants à haut risque vis-à-vis des conséquences des infections respiratoires sévères durant l’enfance pourrait être une stratégie efficace en prévention primaire de l’asthme.
- Les bénéfices potentiels de ces stratégies mériteraient une évaluation plus soigneuse dans ce groupe d’âge.
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