Allergie à la souris et effets de la dératisation sur l’asthme des enfants de quartiers défavorisés. : Pongracic JA, Visness CM, Gruchalla RS, Evans R 3rd, Mitchell HE.
Department of Pediatrics, Children’s Memorial Hospital, Chicago, Illinois, USA
dans Ann Allergy Asthma Immunol. 2008 Jul ;101(1):35-41
On retrouve fréquemment des allergènes de souris dans les foyers défavorisés, et le taux d’allergène mesuré dans ces habitats est proportionnel au degré de sensibilisation des enfants asthmatiques.
– Objectifs :
- Comparer la sensibilisation aux allergènes de la souris à la quantité d’antigènes retrouvée dans l’habitat des enfants de milieux déshérités.
- Estimer le risque de cette exposition allergénique dans la prévalence de l’asthme.
- Evaluer l’efficacité de la dératisation du domicile de ces jeunes patients sur leur maladie respiratoire.
– Méthodes :
- L’étude a porté sur des enfants asthmatiques âgés de 5 à 11 ans déjà inclus dans un programme de suivi de l’asthme dans les quartiers pauvres.
- Après randomisation, il a été réalisé une dératisation de 150 habitats.
- Les enfants de ces logements ont ensuite été suivis deux fois par mois pour évaluer l’évolution de l’asthme.
- La poussière de leur chambre à coucher a été recueillie avant la dératisation puis tous les 6 mois pendant 2 ans afin de doser le taux de l’allergène Mus m 1.
– Résultats :
- Vingt-deux pour cent des enfants ont un test cutané positif à la souris.
- On retrouve l’allergène majeur de la souris dans 80% des chambres.
- Les enfants se sensibilisent même pour une exposition modeste.
- La sensibilisation des enfants et le taux d’exposition à l’allergène sont proportionnels à la sévérité de la maladie asthmatique, notamment quant au nombre d’hospitalisations.
- Les logements traités ont vu la quantité d’allergène de souris chuter en moyenne de 27,3% (diminution de 1,9 à 46,1% avec un intervalle de confiance de 95%).
- Enfin, la réduction de l’exposition antigénique a permis une diminution de l’absence scolaire, une meilleure qualité de sommeil, une chute du nombre des consultations, mais pas de changement en termes de symptômes et de recours au traitement médical.
– Conclusions :
- On trouve bel et bien des allergènes de souris dans l’environnement des habitats défavorisés.
- Une faible quantité d’allergènes n’empêche pas de s’y sensibiliser.
- La présence de cet allergène dans l’environnement est indépendante de la fréquence de la maladie asthmatique.
- En revanche, il est établi que la dératisation diminue significativement le taux d’allergène majeur de la souris dans les domiciles traités, avec une amélioration de la qualité de vie des enfants asthmatiques, notamment par la diminution des crises d’asthme nocturnes.
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