1er janvier 2026 ·  · 290 lectures

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Cap sur 2026 : ce que 2025 nous a appris

Je vous avais promis l’urticaire et les œdèmes… je décale (promis, ce sera pour le mois prochain). En cette fin d’année, j’avais envie de prendre un peu de hauteur : fermer 2025 proprement, et ouvrir 2026 avec l’énergie du bon sens.

D’abord, vous l’avez-vu : j’ai profité de cette fin d’année pour reprogrammer le site internet. Plus simple, plus visuel, plus rapide et à jour techniquement. Vous pouvez désormais constituer votre liste d’articles et faire part de vos réflexions.

Deux courts textes de la Revue Médicale Suisse m’ont marqué cette année. Le premier rappelle que les nouvelles générations veulent (et ont raison) un meilleur équilibre, avec un temps de formation souvent morcelé : à nous de transmettre plus, mieux en moins de temps. Le second nous invite à redevenir des leaders “inspirants” : remettre de l’humour, de l’empathie et de la fierté dans un métier que l’administratif tente parfois de rendre moins réjouissant.

Sur allergique.org, depuis 2001, on essaie justement de faire ça : être sérieux sans se prendre au sérieux. Et 2025 a été une année charnière : mieux prévenir, mieux stratifier, mieux traiter… en intégrant l’exposome, la biologie moléculaire, les biothérapies, et déjà l’IA.

Votre retour est bon avec des audiences record : ce mois de décembre vous avez été plus de 250.000 visiteurs uniques. Merci à vous.

Revenons sur cette année passée, il y a plusieurs axes qui me semblent à considérer, d’abord :

L’allergie n’est pas une “crise”, c’est une trajectoire

L’atopie se pense “au long cours” : une histoire de fenêtres d’intervention, de cumul d’expositions, et de terrain. C’est exactement l’esprit de l’article Atopie des maladies pour toute une vie et de Comment prévenir l’apparition des allergies : sortir des slogans, entrer dans le concret.

Côté microbiote et nutrition, les messages se sont affinés. Les prébiotiques en prévention de l’eczéma met en avant un bénéfice modeste et dépendant du contexte (population, timing, produits, critères). L’intérêt du bio en prévention des allergies rappelle que les signaux épidémiologiques existent mais que les biais (comportements, niveau socio-économique, autres expositions) peuvent aussi mimer un “effet protecteur”. Dans la même logique le terrain allergique démarre in utero, c’est ce que montre les articles L’alimentation de la maman influe sur la qualité de la peau de bébé et Protection de l’allergie alimentaire par l’allaitement qui insistent sur une prévention périnatale plus globale : pas seulement “éviter”, mais comprendre les expositions et le bon moment pour introduire les aliments.

Sur l’asthme, du nouveau là aussi : hygiène, infections, pollution… tout est dans la nuance. Hygiène et sibilances et Rôles des infections dans la genèse de l’asthme rappellent que concernant la prévention ou la création de l’asthme, tout dépend du type d’infection, du moment, et du profil de l’enfant. Par ailleurs l’exposome atmosphérique s’est imposé comme un déterminant majeur avec deux articles : Les polluants atmosphériques, Rôle de l’ozone dans la naissance de l’asthme, et Rôle de la pollution liée aux incendies de forêt sur la qualité de vie des atopiques. À l’inverse, l’article L’aluminium est non coupable dans l’asthme aide à calmer les fausses pistes : mieux vaut cibler les facteurs réellement étayés.

Enfin, prévention = adhésion. Le papier qui doit nous rendre le plus humble de l’année est peut-être celui-ci : Les parents savent ce qu’il faut faire mais ne le font pas pour prévenir les allergies alimentaires. Le message est simple : l’information ne suffit pas ; il faut des stratégies de communication, des routines, et une prévention non culpabilisante. Et pour garder le sens du calendrier (et des saisons), Le calendrier des allergies donne une trame utile au quotidien.

Devenir plus précis : des molécules aux phénotypes

2025 confirme la montée d’une allergologie “plus fine”. L’article Allergologie moléculaire, prise de position résume bien l’enjeu : la biologie moléculaire sert à mieux stratifier le risque et mieux comprendre les réactivités croisées, pas à remplacer l’interrogatoire.

Les “nouveaux allergènes” de l’année sont édifiants parce qu’ils expliquent des discordances. Les nouveaux allergènes du sésame aide à mieux lire certaines allergies au sésame. Côté acariens, La troponine nouvel allergène des acariens remet sur la table les familles de protéines partagées et les croisements inattendus. Et chez les pollens, Les allergènes du pollen d’olivier comme les Allergènes de l’humulus japonicus illustrent une allergologie où le climat rencontre la pertinence clinique.

Pour le nez 2025 a été très utile avec l’ Origine de la rhinite de l’enfant qui clarifie les trajectoires (et évite de tout appeler “allergie”), tandis que La rhinite locale remet en lumière une entité sous-diagnostiquée. Par ailleurs, Un consensus sur la prise en charge de la toux chronique offre un chemin clinique pour sortir de l’errance. Enfin, L’impact de la rhinte allergique sur la sexualité est à garder en tête quand un patient dort mal, qu’il évite des activités, qu’il s’épuise.

Même logique de précision en urgence : l’article Co facteurs de l’anaphylaxie rend explicable ce que les patients vivent comme une “injustice” avec des allergènes tolérés un jour, dangereux le lendemain : effort, AINS, alcool, infection, chaleur, sommeil… changent le seuil de réaction. Côté “œdèmes & angio-œdèmes”, Profils des patients souffrant d’oedèmes et Retentissement des angio-oedèmes héréditaires rappellent que la maladie est aussi une charge mentale et sociale permanente. Sur l’urticaire chronique, un article toujours utile qui confirme que pourl’ Urticaire chronique, on ne teste pas sauf : qui nous appelle à raisonner avant de prescrire un “bilan réflexe”. Plus méconnu, souvent sous estimé, la démonstration de la continuité clinique est résumé dans Le continuum dermographisme vers l’urticaire chronique.

Mieux traiter : être plus ciblé, plus mesurable

Pour les biothérapies, l’année a gardé un ton de prudence clinique. Dupilumab né sous le signe du cancer n’est pas un “signal panique”, mais un rappel : il faut prescrire ciblé, surveiller, déclarer, et garder la nuance entre association et causalité.

Les nouveaux outils thérapeutiques ont pris de la place. Usage des anti-JAK en allergologie résume bien la promesse (efficacité rapide sur inflammation/prurit) et l’exigence (sélection, facteurs de risque, surveillance). En allergie alimentaire, Utilisation des anti-IgE en allergie alimentaire montre une bascule : l’anti-IgE n’est plus seulement pour l’asthme ou l’urticaire, il devient un outil de sécurisation des réintroductions. L’innovation a même pris un détour avec l’idée d’un Vaccin anti allergie au chat : encore loin de la routine, mais révélateur d’un champ qui avance.

L’immunothérapie allergénique a consolidé deux piliers : le bénéfice vécu et la vraie vie. L’effet très positif de la désensibilisation sur la qualité de vie met l’accent sur des améliorations concrètes (symptômes, sommeil, activités, anxiété), et Efficacité de l’immunotéharpie allergénique en vrai vie rappelle que l’efficacité dépend de l’observance, de la sélection et du suivi. Et 2025 a beaucoup insisté sur les marqueurs : Marqueurs d’efficacité de la désensibilisation à la cacahuète et Marqueurs d’efficacité pour la désensibilisation aux venins poussent la discipline vers une ITA plus mesurable.

Au passage, un point crucial : l’allergologie est aussi une médecine de “continuité des soins”. Les allergies aux anti-cancéreux montre que désensibiliser, c’est souvent permettre de ne pas interrompre un traitement vital. Et la vraie vie, c’est aussi voyager, organiser, anticiper : Les allergies en transport aérien nous l’a rappelé.

Enfin, le numérique est là avec Drago l’application de suivi des désensibilisations qui illustre l’arrivée bienvenue d’outils ludiques, tandis que l’article Absence de partage entre médecins et patients à propos de leurs outils numériques pointe un paradoxe : des outils partout, mais du dialogue pas toujours. Sur l’IA, 2025 a franchi un cap “pratique” avec Faire lire ses tests cutanés à une IA, et une mise au point plus large avec L’intelligence artificielle en allergologie.

Quelques brèves de 2025 sont importantes à garder en tête avec une synthèse Sur le prurit, le patch de désensibilisation à la cacahuète qui arrive doucement, le fait qu’il existe aussi des produits de contraste en échographie, qu’il faut fare de l’activité physique dans l’asthme de l’enfant, qu’il y aura peut-être un jour un film sublingual d’adrénaline pour traiter les urgences, et l’alerte “alimentaire du futur” : avec l’arrivée des protéines d’insecte : attention danger en particulier pour les allergiques aux acariens.

Et puis il y a

Atchoum en 2025 : tout ce que je vous ai raconté, épisode après épisode

Le podcast Atchoum a déroulé le fil de l’allergologie “du mécanisme au quotidien” : immunologie de l’allergie, l’allergie à l’arachide, l’allergie aux pollens, l’asthme allergique, l’environnement intérieur, l’allergie à l’œuf, la rhinite allergique, un peu d’immunologie avec l’IgE : l’anticorps qui fait “disjoncter” l’immunité, l’eczéma de contact allergique, un détour par les mythes et légendes (gluten, lactose, gourous…), et plus sérieusement les allergènes, ces molécules responsables.

En clair : on a parlé mécanismes, aliments, pollens, voies respiratoires, peau, environnement, croyances… et surtout de ce qui aide à agir, sans dramatiser.

Conclusion : 2026, avec de la science… et du sourire

Ce que 2025 raconte, c’est une allergologie plus mature avec une meilleure prévention, des diagnostics mieux étayés, des traitements plus personnalisés, et une couche numérique qui devient utile quand elle sert la relation de soin. Et si on reprend les deux textes suisses : il est important de transmettre mieux, et de donner envie.

Alors cap sur 2026 : on garde la rigueur, on simplifie le message, on partage la passion et on n’oublie pas que derrière chaque “IgE”, il y a du vivant qui attend notre aide.


Le mot de l'allergo

Vous avez aimé 2025 ? Vous allez adorer 2026. La science avance et chaque mois nous apporte son lot de nouvelles publications qui construisent peu à peu une société meilleure, plus attentive, plus humaine et tout cela grâce aussi à la technique et à l’informatique. Ce podcast vous récapitule les avancées de l’année 2025.

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  • Jean b  · 3 janvier 2026 à 14h15min

    Bravo et merci pour ce travail de synthèse qui me facilite beaucoup la vie. Le ton est excellent et j’ai plaisir à vous lire.