Estimer la sévérité d’un risque pour anticiper les mesures adaptées est primordiale. L’équipe de Luciana Kase Tanno publie un bel article sur le sujet à propos des anaphylaxies en France. Tanno et al. World Allergy Organization Journal (2024) 17:100951 http://doi.org/10.1016/j.waojou.2024.100951.
méthode
- étude rétrospective sur neuf années d’admissions aux urgences (2012-2021) à partir des données informatiques dites "PMSI" associées à la "CIM10" (classification internationale des maladies) donnant un diagnostic primaire d’anaphylaxie.
- Plus de 4 millions de dossiers ont été étudiés, de 0 à 103 ans
- Les cas considérés sévères sont ceux qui ont été hospitalisés en soin intensif ou ont décédé
résultats
- il y a eu 1.34 cas d’anaphylaxie tout venant pour 100.000 habitants par an
- il y a eu 0,08 cas d’anaphylaxie sévère pour 100.000 habitants par an soit 5463 cas
- le ratio des cas sévères augmente au fur et à mesure des années
- les cas d’anaphylaxie sévère (SA) se divisent en :
- * 45,6% de cause médicamenteuse
- * 37,7% sans cause connue
- * 9,3% d’allergie alimentaire
- * 7,2% liées aux piqûres d’insecte
- Concernant le sexe : 57% des anaphylaxies frappent les hommes mais les femmes sont davantage concernées par les allergies médicamenteuses.
- Les angio-oedèmes sont associés à toutes anaphylaxies sévères
- Les urticaires chroniques spontanées associées aux réactions aux piqûres d’insecte, sévères ou non
- l’asthme est associé aux allergies alimentaires et médicamenteuses
Conclusion Cette première étude rétrospective Française des anaphylaxies sévères met en évidence différents phénotypes qui permettront d’améliorer la prévention de ces épisodes qui sont en augmentation dans le temps.
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