La rhinite est un facteur de risque indépendant de toux chez l’adulte (à l’exclusion du rhume) : S. Guerra1,2,3, D. L. Sherrill1,3, S. Baldacci4, L. Carrozzi4, F. Pistelli4, F. Di Pede4, G. Viegi4
1Arizona Respiratory Center, University of Arizona, Tucson, AZ, USA ; 2Department of Medicine, College of Medicine, University of Arizona, Tucson, AZ, USA ; 3College of Public Health, University of Arizona, Tucson, AZ, USA ; 4Pulmonary Environmental Epidemiology Unit, Institute of Clinical Physiology, CNR, Pisa, Italy
dans Allergy 60 (3), 343-349.
– Contexte :
- Dans les études cliniques transversales, une forte association a été mise en évidence entre rhinite et toux chronique co-existante.
- Cependant, à l’heure actuelle, cette association a été peu définie d’un point de vue prospectif et épidémiologique.
– Méthodes :
- Nous avons utilisés les données de « l’Etude Prospective de Pise », une étude de cohorte longitudinale de population composée d’une étude initiale et d’une étude de suivie à environ 5 ans d’intervalle.
- L’information sur la toux, la rhinite et les autres facteurs de risque a été collectée par un questionnaire standardisé.
- La toux, en dehors des rhumes, a été définie soit comme « chronique » (la plupart des jours pendant au moins 3 mois et pendant au moins 2 années consécutives) soit comme « occasionnelle » (si les trois conditions temporelles ci-dessus n’étaient pas remplies).
- On a désigné comme toux « de quelque type que ce soit » la présence d’une toux aussi bien occasionnelle que chronique.
– Résultats :
- Une information complète a pu être obtenue pour 1670 sujets qui avaient un âge ≥ 15 ans et qui, lors de l’enquête de base, n’avaient pas d’histoire positive de toux en dehors des rhumes.
- Parmi eux, 299 (18%) avaient une rhinite à l’origine.
- Au moment de l’enquête de suivi, 16% des sujets avec une rhinite avaient développé une toux de quelque type que ce soit (rhumes exceptés) comparativement à seulement 10% chez les sujets sans rhinite (OR 1.7, IC 1.2-2.5, P < 0.005).
- Après ajustement pour l’âge, le sexe, la présence d’un asthme, le tabagisme et l’exposition professionnelle, la rhinite est restée significativement associée à un risque plus élevé à la fois pour la toux de quelque type que ce soit et pour les toux occasionnelles et chroniques séparément (OR 2.2, IC 1.1-4.5, et OR 1.7 IC 95 1.1-26, respectivement).
– Conclusions :
- La rhinite est un facteur de risque significatif et indépendant de développement d’une toux chez l’adulte.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les implications potentielles en terme de prévention.
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