29 novembre 2004 ·  · 2993 lectures

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Le diagnostic d’allergie aux béta-lactamines est loin d’être aisé à poser. Cette étude tente d’analyser la valeur diagnostique d’un test d’activation des basophiles dans le cadre d’une réaction allergique immédiate aux béta-lactamines.

Interprétation diagnostique d’un test d’activation des basophiles dans les réactions allergiques immédiates aux béta-lactamines. : Torres MJ, Padial A, Mayorga C, Fernandez T, Sanchez-Sabate E, Cornejo-Garcia JA, Antunez C, Blanca M.

Research Unit for Allergic Diseases, Allergy Service, Carlos Haya Hospital, Malaga, Spain

dans Clin Exp Allergy. 2004 Nov ;34(11):1768-75

 Contexte :

  • L’activation des basophiles par des allergènes donnés, notamment médicamenteux, a été utilisée pour rechercher des sensibilisations médicamenteuses et étudier les réactions IgE-médiées ainsi que les réactions croisées.

 Objectifs :

  • Déterminer la sensibilité et la spécificité d’un test d’activation des basophiles (basotest) chez des patients ayant présenté une réaction allergique immédiate aux béta-lactamines, et réaliser une comparaison entre les patients « sélectifs » (patients réagissant uniquement avec la pénicilline suspectée, et pas avec la benzylpenicilline (BP)) et les patients « à réaction croisée » (ceux ayant des sensibilisations croisées à divers déterminants des pénicillines dont la BP).

 Méthodes :

  • Le Basotest était réalisé avec divers haptènes chez 70 patients ayant présenté une réaction allergique immédiate aux béta-lactamines, classés en 3 groupes :
    • Groupe A : tests cutanés positifs / IgE spécifiques négatifs
    • Groupe B : tests cutanés négatifs / IgE spécifiques positifs
    • Groupe C : tests cutanés négatifs / IgE spécifiques négatifs / Test de provocation orale positif
  • Le basotest était réalisé par cytométrie de flux selon les instructions du fabricant, en utilisant différents déterminants des béta-lactamines ; les résultats étaient exprimés en « indice de stimulation ».

 Résultats :

  • Sur les 70 patients :
    • 34 (48.6%) étaient positifs au basotest (Sensibilité 48.6%)
    • 31 (44.3%) étaient positifs en IgE-spécifiques
    • 46 (65.7%) étaient positifs à au moins l’un des 2 tests
  • Le basotest était positif chez 50.9% des patients du groupe A, 60% des patients du groupes B, et 14% des patients du groupe C.
  • La spécificité du basotest était de 91.3%.
  • La positivité aux haptènes était de 28.6% pour l’amoxicilline, 21.7% pour le BP, 20% pour la benzylpenicilloyl-poly-1-lysine, 12.5% pour l’ampicilline, 2.2% pour les déterminants mineurs.
  • Parmi les patients avec une réaction aux céphalosporines, le basotest avec la céphalosporine suspectée était positif dans 77.7% des cas.
  • Il existait une différence entre les 2 groupes de patients pour la sensibilité du basotest (« sélectifs » = 50% ; « à réaction croisée » = 28.6% ; chi(2)=10.809, p=0.004) et la sensibilité des IgE spécifiques (« sélectifs » = 28.6% ; « à réaction croisée » = 61.9% ; chi(2)=8.944, p=0.011).

 Conclusions :

  • La sensibilité du Basotest est similaire à celle des IgE spécifiques. Elle augmente lorsque les 2 tests sont couplés. Bien que d’autres études soient nécessaires, le Basotest semble être prometteur dans le diagnostic d’allergie aux céphalosporines.
  • Cette technique ne permet pas de différencier les réactions sélectives des réactions croisées entre bétalactamines.

Le mot de l'allergo

Sur le principe cette étude a le mérite de confirmer les données déjà disponibles, à savoir qu’un test d’activation des basophiles a « en gros » 50% de sensibilité et 90% de spécificité dans le diagnostic d’allergie aux béta-lactamines (Sanz ML et coll. Clin Exp Allergy. 2002 ;32:277-86)

Le problème est son utilisation en routine dans la mesure où la situation la plus habituelle est celle d’une suspicion d’allergie aux pénicillines et que l’exploration allergologique a pour but d’éliminer ce diagnostic et de prouver l’absence d’allergie au patient en allant jusqu’au test de provocation orale en milieu hospitalier (TPO).

Un test amenant 50% de faux négatifs présente peu d’intérêts ; par exemple dans le groupe C, on aurait évité le test de provocation orale à seulement 14% des patients.

A mon sens, la meilleure démarche diagnostique reste la réalisation de tests cutanés couplée avec les données de l’anamnèse, suivis d’un TPO si les tests sont négatifs.

Ce n’est qu’en cas de réactions graves avec TPO franchement risqué que le basotest et les IgE spécifiques redeviennent utiles s’ils sont positifs. Sous réserve enfin qu’il n’existe pas d’alternative thérapeutique antibiotique rendant inutile un TPO.

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