L’idée de vouloir être coiffeur est déjà un facteur de risque d’allergie !

mercredi 23 février 2011 par Dr Geneviève DEMONET663 visites

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L’idée de vouloir être coiffeur est déjà un facteur de risque d’allergie !

L’idée de vouloir être coiffeur est déjà un facteur de risque d’allergie !

mercredi 23 février 2011, par Dr Geneviève DEMONET

Expositions et réactions aux allergènes parmi les apprentis coiffeurs et des contrôles appariés : Bregnhøj, A., Søsted, H., Menné, T. and Johansen, J. D. (2011),

Exposures and reactions to allergens among hairdressing apprentices and matched controls.

dans Contact Dermatitis, 64 : 85–89. doi : 10.1111/j.1600-0536.2010.01843.x

- Contexte :

  • L’exposition précoce et intensive aux substances chimiques telles que celles trouvées dans les teintures capillaires, les parfums et le nickel sont des facteurs connus de risque de réactions allergiques.
  • Les apprentis coiffeurs appartiennent à un groupe à risque étant donné leur exposition à la fois professionnelle et personnelle.

- Objectifs :

  • Estimer le degré d’exposition et de réactions cutanées indésirables aux substances chimiques dans une cohorte d’apprentis coiffeurs, au début de leurs études, comparativement à un échantillon apparié de la population générale.

- Matériels :

  • Durant les 2 premières semaines de leur formation, 382 apprentis coiffeurs ont été enrôlés dans cette étude.
  • Tous les apprentis ont complété un auto-questionnaire qui comprenaient des questions sur, par exemple, les expositions et les réactions aux teintures capillaires, les produits parfumés et les piercings.
    -* Pour comparer, le questionnaire a été envoyé à un groupe contrôle de la population générale, apparié pour l’âge, le sexe et le code postal (n = 1870).

- Résultats :

  • Dans l’année précédente, 95,2% des apprentis coiffeurs et 66,9% du groupe contrôle avaient coloré leur cheveux (p < 0,001) ; les apprentis coiffeurs teignaient leur cheveux, en moyenne, 6,6 fois par an, comparativement à 3,7 fois par an dans le groupe contrôle (p < 0,001).
  • L’âge moyen de la première teinture capillaire parmi les apprentis coiffeurs était de 12,1 ans comparativement à 13,3 ans pour le groupe contrôle (p < 0,001).
  • Les apprentis coiffeurs ont rapporté plus de réactions eczémateuses à la teinture capillaire (p = 0,002) que les sujets contrôles.
  • Des « tatouages au henné noir » semi-permanents avaient été pratiqués chez 48,1% des apprentis comparativement à 31,0% des contrôles (p = 0,001).

- Conclusions :

  • Aussi bien les apprentis coiffeurs que le groupe contrôle de jeunes gens de la population générale étaient hautement exposés à de puissants allergènes.
  • Les apprentis coiffeurs étaient même davantage exposés aux produits contenant des colorants capillaires et aux piercings, et ont rapporté plus de réactions indésirables aux produits de coloration capillaire que les sujets contrôles appariés dans la population générale.

Des campagnes ont mis en garde les adolescents contre les tatouages au henné pourvoyeurs de sensibilisation définitive à la PPD.
Faudra-t-il étendre aux teintures capillaires les recommandations d’éviction chez les adolescents ?

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture des résultats d’une étude menée au Danemark sur une population de 382 apprentis coiffeurs interrogés dans les 2 premières semaines de leur formation.

Les résultats obtenus ont été comparés à ceux constatés dans la population générale dans un échantillon de 1870 jeunes apparié pour l’âge, le sexe et le lieu de domicile.

L’âge de la première teinture capillaire était très précoce dans la population générale (13,1 ans) et encore plus chez les futurs coiffeurs (12,1 ans).

Dans l’année précédant le début de l’apprentissage, la quasi-totalité des jeunes avaient teint leurs cheveux (95,6%) avec environ 7 teintures par an. Une bonne partie des jeunes de la population générale (66,9%) avaient eu des colorations capillaires avec environ 4 teintures par an.

Les apprentis coiffeurs ont signalé des réactions d’eczéma plus fréquentes avec les teintures capillaires que les jeunes du groupe contrôle.

Presque la moitié des apprentis s’était fait faire des tatouages au « henné noir » contre 31% des sujets contrôles.

C’est une étude qui repose sur des auto-questionnaires et il est donc difficile d’apprécier les réactions cutanées présentées.

Cependant, les résultats de ce travail permettent de montrer que si la coiffure est un métier à risque, celui-ci est probablement aggravé par les habitudes capillaires prises dès le tout début de l’adolescence…