Introduction
L’asthme infantile est un problème de santé publique croissant, influencé par des facteurs génétiques, environnementaux et liés à la nutrition. La période prénatale représente une fenêtre d’opportunité pour influencer positivement le développement immunitaire par une alimentation maternelle adaptée. La caféine, présente dans diverses boissons et aliments (café, thé, boissons gazeuses, chocolat), traverse facilement le placenta et peut exposer le fœtus à des niveaux prolongés. Peu d’études ont exploré l’association entre la consommation de caféine pendant la grossesse et l’asthme infantile.
Méthodologie
- Étude basée sur la cohorte portugaise Generation XXI, incluant 5585 paires mère-enfant.
- Collecte des données sur la consommation de caféine (café, thé, boissons gazeuses) via des questionnaires structurés post-partum.
- Mesures de la fonction pulmonaire (FVC, FEV1, FEF25-75) et diagnostic d’asthme chez les enfants à 10 ans.
- Analyses statistiques incluant des modèles de régression linéaire et logistique, ajustées pour des facteurs confondants (tabagisme maternel, IMC, antécédents médicaux, etc.).
Résultats
- Prévalence de l’asthme chez les enfants : 8,3 %.
- Association non linéaire entre la consommation quotidienne de caféine et le risque d’asthme :
- Risque minimal d’asthme (7,2 %) pour une consommation de 93 mg/jour.
- Augmentation du risque d’asthme au-delà de ce seuil.
- Différences significatives entre les enfants asthmatiques et non asthmatiques :
- Mères des enfants asthmatiques plus susceptibles de fumer avant (31,2 % vs 23,6 %, p < 0,001) et pendant la grossesse (27 % vs 19,3 %, p < 0,001).
- Fonction pulmonaire réduite chez les enfants asthmatiques (FEV1 et FEF25-75 inférieurs, p < 0,05).
- Consommation maternelle de caféine :
- 61,3 % des mères ont consommé de la caféine pendant la grossesse.
- Consommation médiane : 8,62 mg/jour (largement inférieure à la limite recommandée de 200 mg/jour).
Discussion
- La consommation modérée de caféine pendant la grossesse pourrait réduire le risque d’asthme chez l’enfant, grâce à ses effets anti-inflammatoires et bronchodilatateurs.
- Cependant, des niveaux élevés de caféine pourraient provoquer un stress oxydatif et interférer avec le développement immunitaire du fœtus.
- Comparaison avec d’autres études : les résultats concordent avec des recherches montrant un effet protecteur modéré de la consommation de café pendant la grossesse sur l’asthme.
Limites :
- Définition de l’asthme basée sur des diagnostics rapportés par les parents.
- Sous-estimation possible de l’apport total en caféine.
- Influence d’autres facteurs non mesurés (expositions environnementales, génétiques).
Conclusion
Une consommation modérée de caféine (jusqu’à 93 mg/jour) pendant la grossesse est associée à une réduction du risque d’asthme infantile, bien qu’un excès soit associé à un risque accru. Ces résultats appellent à la prudence et suggèrent de limiter la consommation de caféine pendant la grossesse, conformément aux recommandations actuelles. Davantage de recherches sont nécessaires pour élucider les mécanismes biologiques sous-jacents et affiner les recommandations nutritionnelles.
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