Sécurité et éléments prédictifs des évènements indésirables durant l’immunothérapie orale au lait de vache : sévérité de la réaction lors du test de provocation orale, IgE spécifiques et tests cutanés. : M. Vázquez-Ortiz*, M. Álvaro-Lozano, L. Alsina, MB. Garcia-Paba, M. Piquer –Gibert, MT. Giner –Muñoz, J. Lozano, O. Domínguez-Sánchez, R. Jiménez, M. Días, MA. Martín-Mateos, AM. Plaza-Martín
DOI : 10.1111/cea.12012
dans Clinical & Experimental Allergy
– Contexte :
- L’éviction stricte est le seul moyen pour gérer l’allergie au lait de vache (LV).
- L’immunothérapie orale au LV (ITO-LV) est en cours d’investigation.
– Objectifs :
- Evaluer la sécurité à long terme de l’ITO-LV.
- Identifier les facteurs prédictifs cliniques et immunologiques des événements indésirables.
– Méthodes :
- Etude interventionnelle épidémiologique prospective longitudinale.
- Des sujets allergiques au lait de vache, âgés de 5-18 ans, ont subi une ITO-LV selon un protocole approuvé par les autorités sanitaires espagnoles sans prémédication.
- Les données cliniques, les tests cutanés (TC) et les IgE spécifiques ont été enregistrés au départ avant intervention et 1 an après l’ITO.
- Toutes les réactions liées à la dose, les traitements nécessaires et les cofacteurs impliqués ont été aussi enregistrés.
- Grâce à l’analyse de survie, nous avons étudié la probabilité cumulative des réactions sur la durée et les facteurs de risque cliniques et immunologiques de la persistance des réactions.
– Résultats :
- 81 enfants ont été recrutés.
- Le suivi moyen était de 25 mois.
- 95% des enfants ont subi des réactions dont 91% affectant un seul organe.
- Les réactions ont été distribuées de façon hétérogène :
- A) 60 enfants (75%) ont eu des symptômes occasionnels qui ont cessé au cours du temps.
- 86% d’entre eux ont atteint une désensibilisation complète (200ml).
- B) 20 enfants (25%) ont souffert fréquemment (78% des réactions au total) de réactions plus graves et imprévisibles qui ont persisté au cours du suivi ou donné lieu au retrait (6 cas).
- Les réactions persistantes était associée à une plus grande fréquence et à une plus grande gravité.
- L’estimation de Kaplan-Meier (courbe de survie) a révélé une probabilité cumulée de survenue de réactions de 25% à 3 mois (95% IC : 1,9-4,1) et 50% (95% IC : 6,1-9,9) à 8 mois sur l’ensemble des patients.
- Le modèle de Cox de régression multivariée a identifié 3 variables comme facteurs de risque indépendants de la persistance des réactions :
- IgE spécifiques du LV ≥ 50KU/L,
- TC au LV ≥ 9mm et
- grades de sévérité de Sampson à 2, 3 et 4 lors du test de provocation.
- La combinaison de 2 ou 3 de ces facteurs s’impliquaient dans les « hazard ratios » de développer des réactions persistantes de 2,26 (IC 95% : 1,14-4,46, p = 0,019) et 6,06 (IC 95% : 2,7 - 13,7, p <0,001), respectivement.
– Les implications cliniques :
- L’immunothérapie orale au LV est insuffisamment sûre chez 25% des enfants.
- Les paramètres ci-dessus mentionnés cliniques et immunologiques peuvent aider les cliniciens à identifier les patients hautement réactifs avant ITO-LV.
- Pour ces patients, il faut envisager des programmes individualisés et une prémédication adaptée.
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